Interview de Neil Wood pour la parution du roman « LARRY – Je reviendrai d’entre les coups pour t’aimer là où je t’ai perdu »

Nous sommes ravis de reprendre ce qui fut un beau succès sur notre ancien site. En tous les cas, le lectorat de nos auteurs l’appréciait énormément car mine de rien, alors que j’interroge par visioconférence l’auteur ou que l’un d’eux m’interroge tout en enregistrant pour pouvoir le retranscrire ici, nous lâchons quelques bribes sur nous et notre œuvre que nous n’avions pas prévues… et c’est ça qui rend intérressant cet exercice qui vous en apprend plus sur nous… Bienvenue donc dans ces interviews auteurs que nous nous réjouissons de partager avec vous…

Parole à l’auteur 

Auteur : Neil Wood

Bonjour, Neil, comme tu l’imagines, nous sommes tous très excités à Écueil Éditions par ta dernière publication « LARRY… » :

Oui, et je tiens à remercier ici cette belle équipe qui m’a soutenu et m’encourage dans mon travail d’écriture. Mention spéciale à Tom pour ses conseils en arts martiaux, ça m’a aidé…

Tu fais fort avec ce roman. As-tu vu l’engouement et les beaux commentaires qui lui sont consacrés ?

Oui, et je tiens à remercier ici toutes ces personnes qui font qu’un livre existe. Sans elles, nous ne serions rien d’autre que des auteurs de l’ombre… Ce sont les lecteurices qui nous mettent dans la lumière, ou plutôt, qui mettent nos œuvres dans la lumière…

Que peux-tu nous dire de plus sur ce roman bouleversant ?

Ce sont des sujets forts que je traite ici pour ne pas dire violents, et pas tout le monde malheureusement est prêt à entendre ou lire ce genre de chose. Mais c’est bien dommage…

Que veux-tu dire par là que les gens évitent de parler de sujet tel que celui-ci ?

Tout à fait. Malheureusement, il y a des vérités qui font mal. Que l’on préfère ignorer, comme l’inceste, sujet de ma première publication à Écueil Éditions, la violence familiale sous toutes ses coutures, l’homophobie… Il n’y a qu’à voir comme certaines personnes nient certains faits s’étant passés dans l’histoire, t’imagines bien qu’une empoignade dans une ferme isolée dans le Limousin sera bien plus vite ignorée… Les gens préfèrent le plus souvent vivre dans le déni. Mais tu le sais, toi-même traite beaucoup de la psychologie des gens et de la violence conjugale pour avoir été aux premières loges… Ici, dans cette histoire, le sujet principal est ce manque d’amour, de reconnaissance d’un père, et la difficulté à aimer lorsqu’on a été frappé toute son enfance… si en plus l’objet de son affection est un garçon alors qu’on est un petit paysan, imagine ce que ça peut donner…

Parle-nous un peu de toi !

Je suis un homme plutôt simple, quarantaine, bien dans ma tête et gay de surcroit, même si je n’aime pas cataloguer les gens et surtout pas moi. Je crois qu’il faut se laisser surprendre dans la vie. Mettre dans des cases les gens, c’est les figer à jamais.

Tu sembles bien connaître le genre humain, ce texte fort démontre à quel point tu arrives à te mettre dans la peau des personnages et exprimer leur ressenti ?

Oui, j’ai une bonne expérience des gens, je l’avoue, j’aime scruter les âmes et tenter de comprendre ce qui peut être à l’opposé de ma personne ou de mes valeurs ainsi que de mon vécu.

Pourtant on dirait que tu as vécu quelque chose de similaire, c’est si bien décrit ? Certains lecteurices le pensent…

Non, je n’ai pas vécu de situation similaire. Ou, disons plutôt que j’ai connu quelqu’un dans cette situation, mais ça n’a pas fini comme dans le livre…

Tu ne vas pas en dire plus ? Ce serait intéressant d’en dire un peu plus et je ne te manipule pas, Neil…

Je… t’es un vrai emmerdeur quand tu veux… mais je vais le faire pour mon lectorat qui semble si touché par cette histoire… J’ai eu un ami paysan, une amitié très forte, très fusionnelle, en effet… C’est toujours difficile de définir où s’arrête l’amitié et/ou commence l’amour… Les deux étant très liés dans certaines relations amicales. Avec ce garçon, j’avoue que notre relation si particulière était plus que fusionnelle. Elle était pleine d’admiration l’un pour l’autre. J’allais aider à la ferme, ça me faisait du bien et j’adore les animaux donc… Il n’avait malheureusement pas beaucoup de temps à me consacrer autre part qu’à la ferme, mais lorsque nous sortions de son milieu il était un autre. Un garçon sensible et magnifique… J’ai toujours pensé qu’il se faisait battre par son vieux, mais il ne l’avoua jamais, exactement comme dans « Larry ». C’est difficile d’admettre que la seule personne qui devrait nous aimer nous frappe et nous déteste… D’autant plus, lorsqu’on est l’héritier du domaine… Les années passant, on s’est perdu de vue, puis un jour, lorsque je rentrai à la maison pour voir mes parents, ils m’annoncèrent qu’il avait mis fin à ses jours… Et j’ai trouvé ça tellement révoltant, tellement stupide, mais il n’est pas le seul petit paysan à avoir mis fin à ses jours parce qu’il est gay…

Tu penses qu’il l’était ?

J’en suis certain.

Tu n’en diras pas plus ?

Non. Le reste m’appartient…

Justement, ce qui est intéressant dans ce roman, c’est que tu décris terriblement bien ce que ressentent les personnages ?

Lorsque j’écris, j’essaie toujours de m’immerger totalement dans l’état d’esprit de mes personnages. Je pense que c’est important. Exactement comme peut le faire un comédien pour un rôle. Aller chercher des émotions au fond de moi est primordial pour bien décrire le ressenti de chacun des protagonistes de mes histoires… C’est important de pouvoir s’identifier quelque part à nos personnages… Même si c’est une fiction. Cela nous permet d’être justes, je pense, de bien viser et de rendre très crédible nos personnages.

Très juste. Comment l’idée des combats clandestins t’est-elle venue ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’ils existent bel et bien et que ça peut être tragique pour certains… C’est une violence inouïe qui se déverse dans ces lieux. J’ai enquêté, je me suis renseigné, mais j’ai surtout été marqué par un reportage, un jeune paysan qui faisait ça… C’était un témoignage assez poignant. Et de là, l’histoire de Nicolas a défilé dans ma tête du début à la fin…

Le boulot de l’auteur que tu es a fait le reste ?

Exactement. Mais je ne voulais pas tomber dans le pathos et arriver à retranscrire le plus exactement ce genre de réalité… Je voulais aussi mettre en avant, et bien que ce ne soit pas flatteur, le monde rural, le monde paysan. On n’est pas toujours dans l’amour qui est dans le pré. Il y a tout de même encore beaucoup de situations dramatiques pour nos paysans qui sont pris à la gorge par un système sans queue ni tête… mais également et il ne faut pas se voiler la face, des comportements de certains agriculteurs très discutables… J’en ai connu des biens bourrus, mais également des mecs géniaux… L’image du paysan souffre encore aujourd’hui… Et je ne parle même pas de l’homosexualité dans ce milieu…

Tu penses qu’une émission comme l’amour est dans le pré a pu apporter quelque chose pour contrer cette image négative que beaucoup avaient ou ont encore aujourd’hui ?

Oui, je pense qu’elle est importante. Elle a mis, au même titre que certaines émissions culinaires, en lumière, une profession méconnue et de laquelle les préjugés ne manquaient pas… Et pour ce qui est des rares gays qui osent se montrer et vivre une telle expérience devant les caméras, je leur tire mon chapeau. 

Que dirais-tu de Larry ?

Larry est un garçon lumineux, solaire… c’est un phare pour Nicolas… il y a des êtres qui comme lui, nous éclaire dans la nuit… qu’on ne peut que suivre… qui restent pour longtemps l’espoir d’une vie meilleure… Nous avons tous, du moins je l’espère, un Larry quelque part… Et je trouvais magnifique le contraste entre son caractère désinvolte, mais affirmé et celui de Nicolas. Entre le regard vif de Larry et le regard sombre de Nicolas. Entre l’optimisme de Larry et le défaitisme de Nicolas qui se rebelle certes, mais qui reste captif d’une situation de laquelle aucun enfant ne devrait être confronté… Mais la vie fait que parfois, on n’a pas le choix, et tu en sais quelque chose, Didier…

Ta plume semble toucher les lecteurices, pourtant tu aimes t’essayer à d’autres genres et les gens semblent être plutôt indulgents avec toi ? Beaucoup moins avec Tom…

Tom a eu un énorme succès avec YUKON. Son lectorat de base ne lui a pas pardonné d’explorer d’autres genres comme si c’était une trahison. Mais il tient bon et fait fi des remarques qu’il pourrait y avoir sur ce sujet. Il fait ce qu’il a envie et du reste, c’est un peu ta faute, c’est toi qui nous incites à explorer d’autres genres…  

Comme un livre de Noël ou du fantastique ?

Par exemple. Et j’ai trouvé ça passionnant d’écrire cette nouvelle avec Tom sur ce vampire… C’était une magnifique expérience tout comme la série S’Wonderful coécrite avec Tom. Bon, ton histoire de nous faire visionner des films de Noël, ça a passé limite…

Dites que vous n’avez pas aimé ? En tous les cas ça vous a inspiré et je crois bien qu’on va remettre ça cette année…

Eh ben, ça promet… Mais pourquoi pas. J’avoue avoir aimé écrire une histoire de ce genre, même si ça peut se lire en dehors de cette période…

Quels sont tes projets, je crois qu’on peut en annoncer quelques-uns ?

Je dois d’abord digérer ce dernier roman. C’est très prenant comme écriture et ça nous demande beaucoup d’énergie… Peut-être une nouvelle et pour ce qui est des romans… je garde la surprise…

Tu ne vas pas me refaire le coup d’arriver avec un livre comme « LARRY » sous le bras en même temps que Tom termine un livre tout aussi fort… Je ne vais pas survivre une deuxième fois à un tel séisme….

Oh, daddy, on aurait pleuré ?

Fous-toi de ma gueule… N’empêche que c’était éprouvant comme exercice de corriger et relire vos deux romans à suivre… On vient de terminer avec Tom et je sens un immense vide après que vous m’avez fait pleurer…

C’est pas toi qui n’arrivais pas à pleurer jusqu’à…

Chut ! On ne dévoile rien, c’est toi le sujet ! Tu crois que je ne vois pas ton manège… Mais tu vas avoir droit aux questions qui fâchent…. Pour en revenir à toi, et bien que tu sois beau gosse, tu ne tiens pas à te montrer tout comme Tom ?

Oui, je tiens à garder mon anonymat et ma vie privée.

Cela dit tu vas plus loin, en étant complètement absent des RS ?

Oui, c’est un choix que j’ai fait avec ma moitié. Je sais que ce n’est pas pratique, mais j’ai mes raisons puisque tu as vendu la mèche. J’ai eu un pote qui a été harcelé méchamment sur ce genre de plateforme… À tel point qu’on l’a sauvé in extremis… Je crois que je resterai marqué par son regard perdu toute ma vie… Je sais que mon lectorat aimerait peut-être plus, mais plein d’auteurs/trices vivent dans l’anonymat et cela ne dérange pas plus que ça… Je vis bien mieux sans tous ces likes. De plus, ça permet aux gens de se concentrer sur l’œuvre et non l’auteur…

Dirais-tu que pour vivre heureux il faut vivre caché ?

Peut-être pas au sens littéral, mais j’aime bien cette phrase et l’applique dans ma vie depuis que j’ai connu mon premier petit ami. Et je ne l’ai jamais regretté, même si certaines conquêtes voulaient nous montrer au grand jour et brandir notre amour.

Les gens peuvent-ils t’écrire ?

Bien sûr, par le site d’Écueil Éditions, j’y répondrai personnellement avec plaisir.

LAISSEZ-VOUS EMPORTER DANS CETTE HISTOIRE PROFONDE ET ÉMOUVANTE QUI LAISSE DES TRACES APRÈS LECTURE…. UNE HISTOIRE POIGNANTE QUI MARQUE ET QUESTIONNE, SE PASSANT DANS UN MONDE RURAL ET TRAITANT DES SUJETS AUSSI IMPORTANTS QUE L’HOMOPHOBIE, L’INTOLÉRANCE, LES COMBATS CLANDESTINS, L’AMOUR ET LA PEUR D’AIMER…

Résumé : 

Nicolas n’a jamais été comme les autres. Né d’une rencontre sans lendemain, élevé à la dure par un père qui ne l’a jamais accepté, il a appris très tôt à dissimuler ce qu’il est, ce qu’il ressent. Seul Larry, l’ami d’enfance, comprend la sensibilité qui bouillonne en lui. Mais quand la vie à la ferme devient insoutenable, Nico va s’entraîner sans relâche à la boxe pour devenir le meilleur. Et quand les dettes s’accumulent, Nicolas plonge dans un univers addictif pour aider son père financièrement, rejoignant un « Fight Club » et participant à des combats clandestins, brutaux et sans pitié.
Entre amours interdits et combats sauvages, jusqu’où Nicolas ira-t-il pour enfin être vu, aimé, accepté ?

Une histoire sensuelle et bouleversante, où l’amour n’a pas de modèle et où les âmes égarées trouvent parfois leur place là où elles s’y attendaient le moins.

À découvrir ici :

Ce sont les lecteurices qui en parlent le mieux :

@écueiléditions https://assocecueileditions.com/

N’hésitez pas à vous exprimer…

Photo de Thirdman sur Pexels.com

Publié par Didier Berger auteur

Passionné des mots, Didier Berger a publié plusieurs romans à Paris et en Suisse. Lauréat de concours de nouvelles, il a également publié de nombreux textes et nouvelles dans des revues littéraires, magazines et journaux de France, de Suisse et du Canada. Citoyen du Monde avant tout, grand voyageur, il a parcouru le globe sac à dos à maintes reprises et côtoyé de nombreux peuples et cultures différents, ce qui lui permet d’avoir un esprit d’ouverture fort apprécié. Grand amoureux de la nature, il préfère les grands espaces aux villes.

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