Faut-il offrir son livre gratuitement ? La grande question à laquelle nous répondons sans concession ni langue de bois…

Ah, le fameux débat autour de la gratuité des livres. Il revient sans cesse, comme un refrain entêtant. Beaucoup d’auteurs débutants – et parfois même des plus expérimentés – pensent qu’offrir leur livre est une stratégie gagnante. L’idée semble logique à première vue : attirer des lecteurs, se faire connaître, récolter des avis, grimper dans les classements. En théorie, cela paraît séduisant. En pratique, c’est une toute autre histoire. Exactement de la même manière que pour d’autres secteurs et vous allez comprendre pourquoi… Nous ne sommes pas les seuls à le dire…

Les promesses illusoires de la gratuité

« Si je mets mon livre gratuit, les gens vont le lire et en parler »
« ça va me faire connaître »
« les lecteurs seront reconnaissants et me laisseront des commentaires »
Ces arguments, on les entend partout. Ils sont répétés comme des mantras dans les forums d’auteurs et les groupes de discussion. Mais ils relèvent plus de l’illusion que de la stratégie efficace. La réalité est bien plus crue.
Un livre gratuit est souvent téléchargé en masse, parfois des centaines voire des milliers de fois. C’est grisant, sur le moment. On voit le compteur s’affoler et on croit que le succès est à portée de main. Sauf que…
Preuve à l’appui… Lorsque nous avons tenté l’expérience avec un livre à Écueil Éditions, nous avons en quelques heures plus de 250 téléchargements… Résultat : No Merci, No retour, No fanbase renforcée et un gros trou dans nos ventes…

Personne ne lit un livre qu’il n’a pas payé ou que rarement…

C’est brutal, mais c’est vrai. Quand un lecteur n’investit rien, il n’a aucune raison de s’engager. Il télécharge par curiosité, par réflexe, parfois même sans lire la description. Et ensuite, le fichier dort dans sa liseuse. Il est noyé dans une mer d’autres ouvrages gratuits, tous aussi oubliés.
Les commentaires espérés ? Ils ne viennent pas. Le lectorat acquis ? Il reste fantôme. Et pendant ce temps-là, votre livre se retrouve sur des sites de piratage, accessible à tous, sans aucun contrôle. Il n’a même pas eu le temps d’avoir une première vraie critique qu’il circule déjà illégalement.

La gratuité tue la valeur perçue de votre travail

En offrant votre livre, vous envoyez un message clair – mais dangereux – au lecteur : ce texte ne vaut rien. Pourquoi paierait-on demain pour un auteur qui a habitué son public à la gratuité ? Quel respect peut-on espérer si l’on dévalorise soi-même sa création ?
Un livre, c’est des mois de travail, de doutes, de relectures, de corrections. Ce n’est pas un échantillon qu’on glisse au coin d’un rayon. Ce n’est pas une friandise qu’on donne pour amadouer. C’est une œuvre. Et une œuvre a une valeur. Si vous ne la défendez pas, personne ne le fera à votre place.

La fausse bonne idée du tremplin gratuit

Certains auteurs parviennent à tirer parti d’offres gratuites ciblées, dans un cadre très précis, avec une stratégie marketing bien ficelée derrière. Mais ce sont des exceptions. Et ce sont surtout des auteurs qui ont déjà une base solide de lecteurs, une série en cours ou une réputation établie. Pour un premier roman, pour une entrée sur le marché, la gratuité est presque toujours un piège.
Il vaut mieux vendre peu mais vendre bien, à un prix juste, en valorisant chaque vente, chaque retour, chaque interaction authentique. Un lecteur qui paye est un lecteur investi. Et c’est ce type de relation qu’il faut cultiver. offrir son livre gratuitement quels avantages
Bon, pour être parfaitement honnête, on ne va pas faire semblant de dire que la gratuité est toujours une erreur. Il existe en réalité quelques situations très spécifiques, très encadrées, où offrir son livre gratuitement peut apporter quelque chose. Mais ces cas sont rares, et souvent mal compris. La plupart du temps, ce qui est présenté comme un avantage se révèle n’être qu’un mirage.
Attirer des lecteurs en théorie seulement
C’est l’argument le plus courant. Rendre son livre gratuit permettrait d’attirer des lecteurs, d’élargir sa visibilité, de toucher un nouveau public. Et sur le papier, cela semble logique : ce qui est gratuit se consomme plus facilement. Pas de barrière psychologique, pas de coût à justifier, juste un clic pour télécharger. C’est vrai, dans une certaine mesure. Vous pouvez effectivement grimper temporairement dans les classements de livres gratuits, notamment sur Amazon. Vous pouvez même apparaître dans les recommandations automatiques si le nombre de téléchargements est suffisant.
Mais attention au piège.
Un téléchargement ne signifie pas une lecture. Et c’est là que tout s’effondre.
Une étude menée par Written Word Media révèle que 80 % des livres gratuits ne sont jamais ouverts. Jamais. Ils sont ajoutés à une bibliothèque numérique déjà saturée, avec des dizaines, parfois des centaines d’autres titres. Ils dorment, oubliés, dans un coin de liseuse. Il n’y a aucun engagement émotionnel, aucune curiosité sincère, aucune urgence à lire ce livre puisque… il n’a rien coûté.
Alors oui, vous aurez peut-être cent, deux cents, cinq cents téléchargements. Mais si personne ne lit, cela ne vous apporte strictement rien. Ni commentaires. Ni retour. Ni réputation.

Diriger les lecteurs vers une série de livres

Autre argument souvent avancé : offrir un premier tome d’une série pour inciter à acheter les suivants. C’est une stratégie bien connue dans l’univers de l’autoédition. Elle a même fait ses preuves pour certains auteurs à succès. On parle ici de ceux qui ont une saga bien structurée, un lectorat fidèle, une communication solide et une régularité de publication. Dans ce contexte précis, oui, la gratuité du tome 1 peut faire office d’appât.
Mais là encore, la réalité est bien plus nuancée.
Beaucoup de lecteurs téléchargent ce premier tome simplement parce qu’il est gratuit. Ils ne le lisent pas. Ou alors, ils le lisent distraitement, sans vraiment entrer dans l’univers proposé. Et même s’ils accrochent, ils ont souvent déjà une file d’attente longue comme le bras avec d’autres livres gratuits. Résultat : l’achat du tome 2 devient optionnel, voire improbable.
Amazon KDP indique que seuls 10 à 15 % des lecteurs ayant obtenu un premier tome gratuit achèteront la suite. Ce n’est pas un bon ratio. Ce n’est même pas un ratio rentable, sauf si vous avez mis en place une stratégie éditoriale complète et structurée pour guider votre lecteur de façon très précise, avec des rappels, des newsletters, des relances ciblées.
Autrement dit, si vous ne maîtrisez pas cette mécanique dans les moindres détails, vous risquez de donner votre contenu pour presque rien en retour.

Faire plaisir à mamie et à trois cousines

Enfin, il y a l’argument sentimental. Celui qu’on ne peut pas vraiment critiquer. Offrir son livre à sa famille, à ses proches, à ceux qui nous soutiennent depuis le début. Si c’est votre motivation, pourquoi pas. Vous voulez que Mamie lise votre roman sur sa tablette, sans se poser de question ? C’est compréhensible. Vous voulez que votre cousine en parle à ses collègues ? Très bien.
Mais soyons clairs. Ce geste n’est pas une stratégie littéraire ou commerciale. C’est un cadeau. Et comme tous les cadeaux, il ne doit concerner qu’un cercle privé. En d’autres termes, ce n’est pas une raison suffisante pour justifier une mise en gratuité publique sur une plateforme de vente.
Et entre nous, Mamie aurait probablement payé les 2,99 euros avec le sourire. Elle vous aurait même laissé une belle critique cinq étoiles, saupoudrée de compliments affectueux. Pas besoin de passer par la gratuité totale pour ça.

Pourquoi la gratuité c’est vraiment une mauvaise idée

C’est un piège dans lequel beaucoup d’auteurs tombent avec les meilleures intentions du monde. Ils se disent que, pour percer, il faut d’abord se faire lire. Et que pour se faire lire, il faut être accessible. Et donc, gratuit. Mais cette logique, qui semble généreuse et pleine de bon sens, est en réalité une stratégie très risquée, voire totalement contre-productive.
Dans la pratique, offrir son livre gratuitement crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Non seulement cela n’attire pas de véritables lecteurs, mais en plus, cela nuit à la valeur de votre travail. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
De plus, beaucoup d’auteurs dont Tom, mettent des romans à porté de lecture sur des plateformes gratuites…. mais là aussi c’est à discuter… (dans un prochain article)

Malheureusement, les lecteurs ne respectent pas ce qui est gratuit

C’est une vérité profondément humaine : on accorde plus de valeur à ce qui nous coûte quelque chose. Lorsqu’un lecteur achète un livre, même pour une somme modique, il fait un acte d’engagement. Il choisit ce livre parmi d’autres. Il y investit son temps, mais aussi son argent, même symbolique. Il aura donc tendance à vouloir le lire jusqu’au bout, ne serait-ce que pour “rentabiliser” son achat.
À l’inverse, lorsqu’un livre est obtenu gratuitement, il n’y a aucun attachement. Aucune urgence. Aucune considération pour le contenu. C’est souvent un téléchargement compulsif, sans réelle intention de lecture.
Une étude menée par Digital Book World met ce phénomène en lumière : 85 % des lecteurs terminent les livres qu’ils ont achetés, contre seulement 20 % des livres gratuits. C’est une différence massive, et elle montre bien que la gratuité ne crée pas de lien entre le lecteur et votre œuvre.
En résumé, ce que l’on obtient sans effort ou sans coût, on a tendance à le négliger, à le remettre à plus tard… ou à l’oublier.

Offrir son livre ne génère pas de commentaires

Beaucoup d’auteurs pensent que rendre leur livre gratuit augmentera mécaniquement les chances d’obtenir des retours, des notes, des avis. Mais là encore, la réalité est bien plus cruelle.
Un lecteur qui télécharge un livre gratuit n’a aucun devoir moral vis-à-vis de l’auteur. Il ne ressent aucune obligation, même légère, de laisser un commentaire ou de faire un retour constructif. Il n’a pas investi, donc il n’a pas ce petit déclic qui pousse à remercier ou à recommander.
Selon une enquête de BookBub, seul 1 % des lecteurs d’un livre gratuit laissent un commentaire. C’est quasiment rien. Même avec 1 000 téléchargements, vous n’aurez peut-être qu’un seul retour, et encore, ce n’est pas garanti. Cela veut dire que vous bradez votre travail dans l’espoir d’un bénéfice qui ne viendra probablement jamais.
Et contrairement à ce qu’on croit, le commentaire ne vient pas en remerciement de la gratuité. Il vient en remerciement d’une expérience forte, d’une lecture marquante, d’un lien réel entre auteur et lecteur. Et ce lien ne naît pas dans la gratuité.

Les livres gratuits sont les plus piratés

Là encore, c’est un paradoxe cruel. On pourrait penser qu’un livre gratuit serait épargné par le piratage. Pourquoi voler ce qui est déjà donné librement ? Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe.
Les livres mis gratuitement sur les grandes plateformes, notamment Amazon, sont scannés très rapidement par des robots et des scripts automatisés. Ils sont ensuite copiés, mis en ligne sur des dizaines de sites illégaux, redistribués sans votre autorisation, sans aucun respect du droit d’auteur.
Une analyse de la Authors Guild révèle que les livres gratuits mis sur Amazon se retrouvent en moyenne sur cinq à dix sites pirates dans les 48 heures suivant leur mise en ligne. Oui, même les vôtres. Même ceux qui n’ont pas encore reçu leur première critique. Même ceux que vous avez mis en gratuit juste “pour quelques jours”.
Cela signifie que non seulement vous ne touchez aucun revenu, mais en plus vous perdez complètement le contrôle de votre diffusion. Vous ne savez plus où, quand et comment votre livre circule.
Preuves à l’appui…. Amis/es auteurices, allez voir sur quelques sites de téléchargement illégal et vous allez être stupéfaits…. Pour notre part, nous avons décidé de ne plus nous battre contre ça… Mais j’espère que les lecteurices qui découvrent cet article réaliseront, avec d’autres articles de notre crû, combien la vie d’un auteur peut être peu banale…

La gratuité dévalorise le travail des auteurs

C’est peut-être le point le plus grave, car il dépasse votre seul cas personnel. Offrir votre livre gratuitement, c’est contribuer à une culture de la gratuité systématique, où le contenu créatif – qu’il soit littéraire, artistique ou autre – n’a plus de prix. Cela touche l’ensemble de la communauté des auteurs.
Lorsque les lecteurs sont habitués à ne plus jamais rien payer, ils finissent par considérer que c’est la norme. Payer devient l’exception. Et cela crée un cercle vicieux : les auteurs vendent de moins en moins, baissent leurs prix, puis se résignent à offrir leurs œuvres… ce qui renforce encore l’idée que les livres doivent être gratuits.
Une étude menée par Publishing Trends met en évidence cette dérive : la prolifération d’ebooks à 0 € et 0,99 € a conditionné de nombreux lecteurs à ne plus vouloir payer le prix juste. Ils veulent tout, tout de suite, pour rien. Et paradoxalement, ils deviennent de plus en plus exigeants, critiquant sans filtre, rejetant à la moindre coquille, oubliant complètement que derrière chaque ligne, il y a un être humain.
Offrir son livre n’est donc pas un acte neutre. C’est un geste qui a des répercussions sur toute la chaîne du livre. Et à long terme, c’est une menace pour la reconnaissance du métier d’auteur.

Maintenant qu’on a bien compris pourquoi offrir son livre gratuitement est une stratégie hasardeuse, voire nuisible, la vraie question devient : que faire à la place ? Comment attirer des lecteurs, se faire connaître et bâtir une communauté sans brader son travail ni sacrifier la valeur de son œuvre ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des alternatives bien plus efficaces que la gratuité totale. Des approches plus respectueuses de votre travail, plus durables, et surtout, plus engageantes pour vos lecteurs.

Proposer une promotion temporaire mais jamais à zéro euro

Si vous avez envie de booster ponctuellement votre visibilité, vous pouvez organiser une offre promotionnelle limitée dans le temps. Un tarif réduit, par exemple à 0,99 €, est une excellente alternative. Ce petit prix reste accessible à la majorité des lecteurs, mais il implique tout de même un engagement. Même symbolique, un achat reste un choix. Ce n’est plus un simple téléchargement compulsif, c’est un acte volontaire.
Et cet acte change tout.
Le lecteur aura plus tendance à lire le livre, à le terminer, à s’en souvenir. Il aura investi un minimum, donc il sera beaucoup plus enclin à en parler, à laisser un commentaire, à le recommander.
Autrement dit, pour une campagne de lancement, une promotion à 0,99 € sur quelques jours peut être une bonne stratégie. Elle permet de faire découvrir votre livre tout en maintenant une certaine valeur perçue. Elle attire des lecteurs curieux, mais pas désengagés. Et surtout, elle vous permet de rester dans une logique de rémunération, même minime.

Offrir un extrait plutôt que le livre entier

Autre approche beaucoup plus pertinente : proposer un extrait de votre livre en libre accès. Il peut s’agir du premier chapitre, de quelques pages, ou même d’une nouvelle inédite dans le même univers. L’idée est simple : donner un avant-goût de votre style, de votre univers, de votre voix narrative… sans offrir l’intégralité de votre travail.
Cet extrait peut être proposé sur votre site internet, dans une newsletter, ou même sur vos réseaux sociaux. Vous pouvez le rendre disponible en échange d’un abonnement à votre liste email, par exemple. Cela vous permet de créer un lien direct avec votre lecteur, de commencer à construire une relation de confiance, tout en préservant l’intégrité et la valeur de votre livre.
C’est un modèle qui fonctionne très bien dans le monde de l’édition numérique. Il transforme le simple curieux en lecteur potentiel, et surtout, il vous permet de garder la main sur la façon dont votre livre est découvert. Vous ne donnez pas tout. Vous donnez juste assez pour donner envie.

Ne jamais sous-estimer la valeur de votre travail

C’est peut-être l’élément le plus important, et pourtant le plus négligé. Beaucoup d’auteurs, surtout en autoédition, doutent de la légitimité de leur œuvre. Bon, vous me direz, beaucoup de monde s’est chargé de le leur rappeler à une certaine époque, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui… Des auteurices AE font du bien meilleur boulot que de nombreuses ME ou pseudo ME… Tenez-le vous pour dit…. Les auteurices ont peur de demander de l’argent. Peur que personne ne paie. Peur de paraître prétentieux ou trop ambitieux.
Mais si vous ne croyez pas vous-même en la valeur de votre livre, qui le fera à votre place ?
Écrire un livre demande du temps, de l’énergie, des sacrifices. Cela nécessite un investissement émotionnel et intellectuel que peu de gens mesurent. Ce travail mérite d’être reconnu. Il mérite d’être lu, mais aussi payé.
En fixant un prix juste – même modeste – vous affirmez que votre livre a une valeur. Vous vous positionnez comme un auteur professionnel, et non comme un créateur amateur qui distribue ses écrits au hasard. Cette posture change tout dans la perception du lecteur. Elle vous donne une légitimité. Et elle attire des lecteurs de qualité, ceux qui respectent votre travail et veulent sincèrement le découvrir.

Pour conclure,  et vous l’aurez compris, nous ne recommandons pas la gratuité pour tous les éléments négatifs cités plus haut….

À ce stade, tout est dit. Offrir son livre gratuitement peut sembler, au premier abord, une idée généreuse, ouverte, presque altruiste. Mais dans les faits, c’est une stratégie qui ne profite ni à l’auteur, ni à l’œuvre, ni même au lecteur.
Il faut sortir de cette illusion confortable selon laquelle la gratuité serait un tremplin vers la visibilité. Ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai. Dans un monde saturé de contenus, où l’offre dépasse de loin la demande, ce qui est gratuit est rarement respecté, rarement lu, et presque jamais valorisé.
Offrir son livre ne garantit ni lecteurs engagés ni commentaires sincères. Les gens prennent, parfois par réflexe, parfois par accumulation, mais ils ne lisent pas. Et s’ils ne lisent pas, ils ne parlent pas de votre livre. Ils ne le recommandent pas. Ils ne le défendent pas. Il devient invisible, malgré son apparente diffusion. Du reste, amazon distingue bien deux classement : celui des livres gratuits qui ne vous aportent presque rien au classement et l’autre, l’officiel…
La gratuité dévalorise votre travail. Elle envoie un signal clair : ce que vous avez créé n’a pas de prix. Et ce signal, le lecteur le reçoit, le retient, le propage. Il finit par croire que tous les livres doivent être gratuits, que tous les auteurs doivent “offrir” leur art pour exister. C’est une dérive dangereuse pour l’ensemble de la profession. Et je vous incvite à vous rappeler un proverbe toujours valable aujourd’hui : « Tout travail mérite salaire » Même si ici (royalties) on ne peut de loin pas parler de salaire…
Et comme si cela ne suffisait pas, cette gratuité encourage le piratage. C’est le comble. Même quand vous décidez volontairement de ne rien demander en retour, votre livre se retrouve pillé, copié, diffusé sans votre autorisation. Il est extrait des plateformes légales et rediffusé sur des sites douteux, à peine 24 ou 48 heures après sa publication. Et là, vous perdez tout contrôle. Définitivement.

Il y a deux ans, nous avons tous nos romans qui ont été achetés (c’est déjà bien me direz-vous) en Hollande… Pourquoi la Hollande nous direz-vous????? Eh bien c’est la question que nous nous sommes posée avant de comprendre qu’avec des logiciels, même si le résultat est dégueulasse, une traduction de nos œuvres pour les revendre dans une autre langue avait été faite… (quand on vous dit que nous avons de l’expérience ce n’est ni pour bomber le torse et nous la péter, ni pour vous en foutre plein la vue et faire notre promo, nous partons de l’idée que nous pouvons aider, même si cela en fait sourire parfois, notre gentillesse comme ils disent, semblant quelque peu les dérouter)

Alors oui, un livre, c’est du travail. Ce sont des semaines, des mois, parfois des années de réflexion, d’écriture, de relecture, de doute. Ce sont des efforts invisibles, mais bien réels. Et tout travail mérite rémunération. Ce n’est pas une question d’orgueil. C’est une question de respect. De vous. De votre œuvre. De votre métier.
Il est temps de dire stop aux fausses bonnes idées. De sortir de cette logique toxique du “tout doit être gratuit”. Ce n’est pas ainsi qu’on bâtit une carrière d’auteur. Ce n’est pas ainsi qu’on se construit une communauté fidèle et bienveillante.
Vendez votre livre. Assumez son prix. Faites-vous respecter. Le vrai lectorat, celui qui lit vraiment, celui qui soutient, celui qui suit, est prêt à payer. Il sait reconnaître la valeur d’un bon livre. Et c’est ce lecteur-là que vous voulez toucher.
Votre talent vaut mieux que l’indifférence générée par la gratuité. Il mérite une vraie reconnaissance. Et cette reconnaissance commence par un geste simple : oser vendre ce que vous avez mis tant de cœur à créer.

Puisque vous êtes ici, profitez de soutenir nos auteurs et notre petite assoc… Lisez légalement, commentez, partagez sur les réseaux… Nous ne le dirons jamais assez…

LAISSEZ-VOUS EMPORTER DANS CETTE HISTOIRE PROFONDE ET ÉMOUVANTE QUI LAISSE DES TRACES APRÈS LECTURE…. UNE HISTOIRE POIGNANTE QUI MARQUE ET QUESTIONNE, SE PASSANT DANS UN MONDE RURAL ET TRAITANT DES SUJETS AUSSI IMPORTANTS QUE L’HOMOPHOBIE, L’INTOLÉRANCE, LES COMBATS CLANDESTINS, L’AMOUR ET LA PEUR D’AIMER…

Résumé : 

RÉSUMÉ :

Nicolas n’a jamais été comme les autres. Né d’une rencontre sans lendemain, élevé à la dure par un père qui ne l’a jamais accepté, il a appris très tôt à dissimuler ce qu’il est, ce qu’il ressent. Seul Larry, l’ami d’enfance, comprend la sensibilité qui bouillonne en lui. Mais quand la vie à la ferme devient insoutenable, Nico va s’entraîner sans relâche à la boxe pour devenir le meilleur. Et quand les dettes s’accumulent, Nicolas plonge dans un univers addictif pour aider son père financièrement, rejoignant un « Fight Club » et participant à des combats clandestins, brutaux et sans pitié.
Entre amours interdits et combats sauvages, jusqu’où Nicolas ira-t-il pour enfin être vu, aimé, accepté ?

Une histoire sensuelle et bouleversante, où l’amour n’a pas de modèle et où les âmes égarées trouvent parfois leur place là où elles s’y attendaient le moins.

PROLOGUE :

Il faisait encore nuit quand elle est arrivée sur le chemin de terre, avançant à petits pas maladroits, ses chaussures à talons enfoncées dans la boue gluante jusqu’aux chevilles. L’automne venait d’étendre sa brume sur les champs endormis, et le silence du matin n’était troublé que par les grognements lointains des porcs, là-bas, dans le bâtiment sombre derrière la grange.
Elle s’appelait Julie. Dix-huit ans à peine, mais elle en paraissait déjà trente ce matin-là, les yeux bordés de cernes noirs, son mascara formant des traînées sombres sur ses joues pâles et rougies par le vent froid. Elle serrait autour de ses épaules un manteau trop fin pour la saison, avançant comme une ombre perdue sur une terre étrangère.
Julie avait rencontré Luc lors d’un bal de campagne à Saint-Léonard-de-Noblat. Un bal de ceux où la jeunesse oublie sa solitude dans l’alcool, où les vieux tubes de Johnny se mêlent aux rires gras et aux verres remplis à ras bord de whisky bon marché. Luc n’était pas du genre à séduire. Il prenait, sans jamais demander, avec la rudesse des hommes habitués à soumettre la terre et les bêtes. Julie ne s’était pas défendue. Peut-être n’en avait-elle pas eu la force ou l’envie. C’était plus simple de ne rien dire, de laisser les choses arriver.
Cinq mois après, la voilà qui débarquait à la ferme, son ventre déjà arrondi sous son manteau usé, cherchant un abri, espérant que l’enfant qu’elle portait était bien celui de Luc, même si elle n’en était pas totalement certaine. Luc l’avait laissée entrer chez lui, mais il ne lui avait jamais vraiment ouvert sa porte. Elle était là, invisible, tolérée seulement parce qu’elle pouvait encore servir : faire la vaisselle, nourrir les animaux, repasser les chemises qui empestaient la sueur et l’alcool. Parfois, il venait chercher dans son lit ce qu’elle ne refusait jamais, par peur ou par indifférence. Il n’y avait pas de douceur dans ses gestes, pas de chaleur dans ses regards. Rien d’autre que le vide brutal de sa présence.
Le soir où Nicolas est né, un violent orage de mars frappait la ferme, noyant les champs et transformant les chemins en torrents boueux. Julie criait seule, prise dans les douleurs fulgurantes de l’enfantement. Luc, ivre dans l’étable, n’avait appelé ni médecin, ni sage-femme comme si ça ne le concernait pas. C’est une voisine, alertée par les cris paniqués au téléphone de la jeune fille, qui avait couru à travers les champs détrempés pour venir l’aider. Elle avait attrapé l’enfant, coupé le cordon, puis l’avait lavé, enveloppé dans une serviette élimée. « C’est un garçon », avait-elle murmuré d’un air grave, comme si cette vérité allait changer quelque chose au drame silencieux qui se déroulait dans cette chambre obscure. Les secours arrivèrent juste après…
Luc mit deux jours avant d’approcher son fils. Il tournait autour du berceau improvisé, les bras ballants, le regard fuyant, comme un animal sauvage face à quelque chose qu’il ne comprenait pas. Finalement, il s’était penché sur l’enfant, l’air gêné, presque honteux, et avait murmuré :
— On l’appellera Nicolas.
Puis il avait tourné les talons, laissant derrière lui Julie avec ses yeux cernés et Nicolas, dont les petits poings se serraient déjà contre l’indifférence du monde.
Dans les jours suivants, Luc observait l’enfant comme une énigme qui lui résistait. Il ne savait pas quoi faire de ce petit corps fragile, ce corps qui occupait tout l’espace de la ferme avec ses cris, son silence, sa présence encombrante. Julie, elle, attendait que l’amour lui vienne naturellement, qu’il descende dans son cœur et illumine son âme. Mais rien ne venait. Ni chaleur, ni haine. Juste une immense fatigue, un détachement douloureux qu’elle portait chaque jour davantage.
Elle resta encore trois mois. Trois mois à espérer sans succès que Luc changerait, qu’elle-même serait capable d’aimer ce petit être. Trois mois à comprendre que ce lieu n’offrait aucun avenir ni à elle, ni à son fils. Un matin, elle partit, laissant une lettre froissée sur la table de la cuisine. Quelques mots griffonnés à la hâte : « Je suis désolée. Je ne peux pas. Prends soin de lui, si tu peux. Sinon, fais au mieux. Julie. »
Luc ne lut jamais cette lettre. Il savait déjà que ces mots ne changeraient rien. « Prendre soin », c’était un concept qu’il n’avait jamais appris. Comment prendre soin d’un autre quand il était incapable de prendre soin de lui-même ?
Désormais seul avec le bébé, Luc traversa des nuits sans sommeil, assis devant une cigarette, écoutant les pleurs incessants sans bouger, sans réagir, avec cette indifférence terrible qui tue plus sûrement que les coups. Avant que la femme du paysan d’à côté ne prenne en charge ce bébé durant la journée, effrayée par les comportements de Luc.
Il ne haïssait pas Nicolas. C’était pire. Il ne le voyait pas. Ou plutôt, il refusait de le voir. Pour lui, un enfant devait apprendre la dureté du monde dès le berceau. Il fallait devenir fort, résister à la douleur, à la solitude, à l’abandon.
Mais Nicolas était là, vivant malgré tout, malgré le froid, malgré l’absence de caresses et de mots doux. Déjà son corps, même si petit, apprenait à encaisser, à résister. À survivre dans ce silence glacé et ces regards absents, attendant qu’un jour peut-être, quelqu’un lui apprenne enfin ce que voulait dire le verbe « aimer ».L’euphorie des fêtes s’était doucement estompée, laissant place à quelque chose de plus vrai, de plus tangible. 

EXTRAIT :

Nicolas grandit donc dans cette ferme plantée au milieu de nulle part, entre Pierre-Buffière et Saint-Hilaire-Bonneval. Une parcelle de terre battue par les vents, encerclée de haies épaisses et de forêts rudes où les arbres semblaient se courber sous le poids du ciel gris du Limousin. Un lieu silencieux, presque secret, sculpté dans la même matière dure et austère que son père : une terre qui résiste, sèche et difficile à apprivoiser.
Luc ne parlait pas beaucoup. Chaque mot qui sortait de sa bouche était un effort, une douleur ; il donnait ses ordres en mâchant ses phrases avec hargne, comme si chaque syllabe était une écharde coincée au fond de sa gorge. Lorsqu’il regardait son fils, ce n’était jamais directement, jamais franchement. Toujours un coup d’œil rapide, gêné, presque honteux, comme on détourne le regard d’une blessure mal cicatrisée ou d’une pierre coincée dans sa botte, que l’on refuse pourtant d’enlever.
Mais fort heureusement, Nicolas n’était pas complètement seul. Il y avait les Eastwood. Les seuls voisins « non paysans » que Luc tolérait — c’est exactement comme ça qu’il le formulait, comme si leur présence nécessitait de sa part un effort surhumain. Thomas Eastwood, le père, était américain. Il s’était établi dans ce coin isolé par amour pour la région, fasciné par ses paysages accidentés et sa nature sauvage, profitant d’une opportunité professionnelle qui lui permettait de rester discret. Thomas était un homme doux, réservé, avec une voix calme et profonde qui contrastait nettement avec la rudesse locale. Il affichait toujours un sourire simple, authentique, un sourire auquel personne, pas même Luc, ne pouvait réellement résister.
« Un gars pas comme les autres », grognait Luc, laissant planer une ambiguïté étrange. Était-ce un compliment, une critique ? Personne n’aurait su le dire précisément. Mais Thomas, lui, ne se souciait guère de ces nuances. Il restait neutre, toujours à bonne distance. Là où les autres voisins avaient fini par se brouiller avec Luc, embourbés dans des querelles de clôtures, d’argent ou de vieux ressentiments, Thomas avait su trouver le juste milieu. Suffisamment proche pour que Luc le tolère, mais suffisamment distant pour éviter les conflits inutiles. Parfois, il arrivait même qu’il se présente à la ferme, sans prévenir, une bouteille de whisky à la main, comme un passeport discret pour apaiser temporairement la mauvaise humeur permanente du père de Nicolas. Ces rares moments permettaient une sorte de trêve, fragile mais réelle, dans le monde tumultueux de Luc.
Alors, ce dernier lui accordait une place. Minuscule, certes. Mais une place malgré tout.
Nicolas éprouvait toujours une joie sincère, une sorte de soulagement intense lorsque Thomas débarquait à la ferme, même si ces visites se faisaient terriblement rares. À chaque fois qu’il apercevait la silhouette familière de l’Américain s’approcher lentement sur le chemin de terre, quelque chose en lui s’apaisait soudain. La ferme, si vide et si froide habituellement, prenait alors brièvement une teinte plus douce, un air presque chaleureux. La voix posée de Thomas et son sourire discret avaient sur Nicolas l’effet d’un baume miraculeux, capable de calmer ses inquiétudes et ses tristesses accumulées.
La simple présence de cet homme était réconfortante pour lui, comme un souffle d’air frais dans une pièce étouffante. Elle lui rappelait que tous les hommes n’étaient pas forcément comme son père : durs, indifférents et cruels. Thomas représentait tout ce que Luc n’était pas. Il incarnait la patience, la bienveillance silencieuse, l’écoute sans jugement. Et chacune de ses apparitions apportait un peu de légèreté dans le quotidien lourd et pesant du garçon.Mike leva les mains, faussement offensé. 

À découvrir ici en version e-book, papier ainsi que gratuit dans la bibliothèque comme la plupart de nos romans…

Découvrez nos sorties qui cartonnent depuis leur sortie :

NEVADA – À corps perdus

À découvrir en cliquant sur l’image :

Yukon – Will, ce qu’on ne sait pas de toi…

Toujours autant populaire cette série de Tom Huxley qui séduit encore autant de lecteurices et nous en sommes très fiers… YUKON 1 & 2 & 3

Jérémie, sportif de haut niveau évoluant en NHL arrive à Montréal, où il loge chez son frère Max et sa femme Brigitte. Après des bagarres à l’entraînement dues notamment à cause de son orientation sexuelle qu’il veut vivre au grand jour, il est suspendu durant des mois par la fédération.

Dylan le meilleur ami de son frère et associé dans leur cabinet de designer est d’accord pour le prendre avec lui dans le Yukon, où il a un magnifique chalet et passe toutes ses vacances là-bas.
Va naître des sentiments entre les deux hommes et un destin commun, Dylan étant père de deux adorables garçons mais cachant un terrible secret. 

S’Wonderful, une série palpitante qui va vous faire voyager et aimer la vie malgré les aléas. Une romance MM de 5 tomes qui va vous permettre de découvrir le parcours de Romain, un homme marqué par les épreuves mais se rappelant sans cesse que l’existence d’un homme est une poussière d’étoile, et qu’il vaut mieux n’en retenir que le merveilleux…      Vous pouvez découvrir les deux premiers tomes passionnants et très émouvants en version e-book, papier ainsi que gratuitement  dans la bibliothèque amazon :  

Publié par Didier Berger auteur

Passionné des mots, Didier Berger a publié plusieurs romans à Paris et en Suisse. Lauréat de concours de nouvelles, il a également publié de nombreux textes et nouvelles dans des revues littéraires, magazines et journaux de France, de Suisse et du Canada. Citoyen du Monde avant tout, grand voyageur, il a parcouru le globe sac à dos à maintes reprises et côtoyé de nombreux peuples et cultures différents, ce qui lui permet d’avoir un esprit d’ouverture fort apprécié. Grand amoureux de la nature, il préfère les grands espaces aux villes.

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