Interview personnages : Pita « Pita- un été pour s’aimer, une vie pour se retrouver » de Tom Huxley

Bonjour à toutes et à tous,

Chaque auteur dispose désormais de sa propre page, un espace qui leur appartient entièrement. Ils y partageront ce qu’ils souhaitent : des nouvelles, des impressions, des critiques, des coups de cœur ou des coups de gueule… Et parfois, comme c’est le cas ici avec le « devoir d’été » que je leur ai proposé, ils vous feront découvrir leurs personnages sous un jour différent. L’occasion de vous présenter nos romans sous un angle original, que nous avions déjà expérimenté aux débuts de notre blog. Pour votre plaisir, voici de retour de l’interview des personnages.
C’est à travers la voix de leurs héros que vous découvrirez une autre facette de leurs histoires. Comment les événements sont-ils vécus par ceux qui les traversent ? Quels secrets ou détails inédits se cachent derrière les lignes du roman ?
Ces entretiens offrent bien plus qu’un simple complément : ils donnent l’impression de lire une petite histoire dans l’histoire, une parenthèse qui prolonge le plaisir de lecture. C’est une belle manière de retrouver un livre que vous avez aimé, ou d’en explorer un nouveau sous un jour inattendu.
Un exercice d’écriture unique, où l’auteur prête sa plume à ses propres personnages, pour mieux vous entraîner dans son univers.

Place à 🎤 l’interview de Pita :

Écueil Éditions : Pita, si je te demande de me dire en une phrase ce qu’a été cette histoire pour toi, que réponds-tu ?

Pita : Une brûlure douce. Celle qui ne s’éteint pas, même avec le temps. Une histoire d’amour si vraie qu’elle a continué à battre en moi, même quand j’avais l’impression de vivre sans cœur.

Écueil Éditions : Tu te souviens de la première fois où tu l’as vu ?

Pita : Évidemment. Il était là, le corps offert à la mer, le regard en équilibre entre la peur et l’attente. Il avait quelque chose de fragile et de lumineux à la fois, comme ces oiseaux blessés qui continuent de voler. J’ai su que je ne ressortirais pas intact. Il y avait en lui une forme de pureté qui m’a désarmé.

Écueil Éditions : C’était un coup de foudre ?

Pita : Non. C’était pire. C’était une reconnaissance. Comme si mon corps le connaissait avant même que je lui parle. J’ai senti que quelque chose en moi venait de se réveiller, ou peut-être de revenir à la surface.

Écueil Éditions : Tu savais que c’était sa première fois ?

Pita : Pas tout de suite. Mais j’ai compris très vite. Dans sa manière de me toucher, de me regarder, de retenir sa respiration. Il me confiait tout sans mots. Et moi, j’ai voulu être digne de cette confiance. Je ne voulais pas le marquer… Je voulais qu’il se souvienne de cette nuit comme d’une offrande. Qu’il n’en garde que la douceur.

Écueil Éditions : Et toi ? Qu’est-ce que ça a réveillé en toi ?

Pita : Tout. Le manque, l’envie, le manque encore. Le goût du vrai. L’envie de ne plus me fuir. J’ai toujours aimé les corps, mais avec lui, c’était autre chose. Je le désirais avec tendresse. J’avais envie de le couvrir de soin, pas seulement de baisers. De le border de mes bras comme on borde un lit d’enfant. Je voulais être l’homme qu’il méritait.

Écueil Éditions : Tu l’as quitté pourtant.

Pita : Non. Je me suis barré de moi-même, voilà la vérité. Par peur. Par lâcheté. J’avais trop de morceaux en moi, pas assez d’équilibre. Je croyais lui faire du bien en disparaissant. Et en fait… je l’ai juste abandonné. Je l’ai laissé avec une histoire inachevée. Avec des silences qui faisaient mal.

Écueil Éditions : Qu’as-tu fait de tout ça pendant tout ce temps ?

Pita : J’ai essayé d’oublier. Je suis sorti. J’ai couché. J’ai aimé un peu. J’ai fait des projets. J’ai peint. J’ai exposé. J’ai ri aussi. Mais il était là. Dans le reflet des vitrines, dans le creux de mon ventre, dans les corps que je touchais sans jamais vraiment sentir. Je cherchais Luc sans le dire. Et je savais que personne n’aurait ce parfum de lui. Cette sincérité.

Écueil Éditions : Pourquoi revenir ?

Pita : Parce que j’ai compris que la vie, c’est maintenant. Que l’amour, quand il est vrai, ne revient pas deux fois. Il n’y a pas mille Luc dans une vie. Il y a un battement. Et si tu ne tends pas l’oreille, tu le perds. Moi, j’ai tendu le cœur. J’ai eu peur qu’il ne soit plus là. Et j’ai eu raison d’avoir peur.

Écueil Éditions : Tu parles souvent de son corps avec émotion. Qu’est-ce qu’il représentait pour toi ?

Pita : Son corps, c’est là où il se disait quand il ne trouvait pas les mots. Il avait une manière de frissonner, de s’abandonner, de m’accueillir… Il me donnait tout sans réserve. J’ai rarement vu un homme s’ouvrir avec autant de vérité. Il était beau, oui. Mais au-delà de la beauté : il était nu d’âme.

Écueil Éditions : Comment s’est passée votre retrouvaille à Paris ?

Pita : Comme une montée d’adrénaline. J’avais les mains moites. Le cœur en vrac. Quand je l’ai vu arriver au café, j’ai cru que j’allais tomber. Il était encore plus beau, mais surtout… il avait cette lumière en lui. Je lui ai tout dit. J’ai parlé sans filet. Et il m’a regardé comme la première fois. Avec cette foi en moi que je n’avais jamais su mériter. Et puis on a fait l’amour. Quatre fois. Comme pour rattraper chaque nuit perdue. Je crois qu’on s’est retrouvé au-delà du corps.

Écueil Éditions : Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Pita : Tout, et rien. On s’aime. C’est déjà énorme. Mais on apprend aussi à ne plus avoir peur de le dire. À vivre dans la même temporalité. On apprend à se taire sans fuir. À parler sans accuser. À rester. C’est ça, le plus grand courage : rester.

Écueil Éditions : Qu’est-ce que tu voudrais lui dire là, maintenant, s’il lisait ces lignes ?

Pita : Que je suis là. Pour de bon. Que mon corps est à lui, mais que mon cœur l’est encore plus. Que je ne regrette rien, sauf peut-être de ne pas l’avoir aimé encore mieux. Qu’il est le seul endroit où je me sens complet. Et que chaque nuit, quand je l’enlace, je remercie le ciel de ne pas avoir tout foutu en l’air pour de bon.

Écueil Éditions : Une dernière chose. Tu crois à l’amour unique ?

Pita : Je croyais que c’était une fable. Une invention pour faire vendre des romans. Mais maintenant… oui. J’y crois. Parce que j’ai connu le silence des matins sans lui. Et le vacarme de nos retrouvailles. Et qu’aucun son n’a jamais été plus juste.

Découvrez mon roman :

Merci pour votre lecture. Et surtout… prenez soin de commenter selon votre ressenti ce roman, cela lui donnera encore plus de visibilité…..
Citation du livre :
La première fois en amour n’est pas un simple passage, mais une traversée. On s’y livre sans armure, le cœur nu, l’âme tendue vers l’inconnu. Dans cette pudeur offerte, quelque chose de vrai s’écrit, et parfois, ce murmure devient mémoire, tatouée à jamais sous la peau.
Tom Huxley

RÉSUMÉ :

Et si un amour d’été pouvait bouleverser toute une vie ?
Il n’a que dix-neuf ans. Le cœur encore en friche. L’âme suspendue entre l’enfance et l’abîme. Luc quitte Paris pour la Grèce, emportant avec lui le poids d’un deuil et le vertige d’un monde à reconstruire.
Il s’envole, avec une promesse à honorer qui pourrait peut-être soulager son chagrin. Mais ce qu’il va trouver, là-bas, sous le soleil brûlant et les étoiles accrochées à la mer, dépassera tout ce qu’il pouvait imaginer.
Une rencontre. Un regard comme une promesse. Un amour aussi inattendu que fulgurant, qui viendra bouleverser le silence, réchauffer les cœurs, et donner enfin un sens à l’absence.
Un roman incandescent, sensuel et d’une humanité bouleversante, où l’amour se révèle dans toute sa vérité : brut, lumineux, irrésistible. Une ode à la tendresse et au désir, à la force de l’attachement, aux silences qui crient plus fort que les mots.

Une romance qui sent bon le sable chaud, le soleil et la mer… Une histoire bouleversante traitant de sujets sérieux avec pudeur et faisant vibrer les corps avec brio…

PROLOGUE :

Le vent du départ
Il y avait dans l’air une odeur d’origan et de départ. Luc avait refermé sa valise à l’aube, les mains légèrement tremblantes. Pas de panique. Juste ce mélange d’excitation, de peur, et de quelque chose d’indéfinissable — une tension sourde dans la poitrine. Quelque chose d’irrésolu, prêt à s’éveiller.
Ce voyage, il ne l’avait pas choisi à la légère. Il y allait pour elle, sa mère. Pour ce lien invisible qui l’unissait à cette femme silencieuse et douce, plus forte qu’il ne l’avait cru, et dont la disparition avait laissé un vide immense, presque abstrait. Il allait poser ses pas sur les terres qu’elle aimait, les terres qu’elle lui avait décrites comme un souffle ancien, chaud, presque sacré.
La Grèce. Pas Athènes la bouillonnante, non. Mais un village isolé, presque oublié, blotti entre collines et mer, où l’on sentait le sel dans les draps et la lavande dans les ruelles.
Luc ne découvrait pas la région. Il y avait justement séjourné avec sa mère, lors d’un été lumineux dont il gardait une nostalgie silencieuse. Il ne parlait pas la langue, ignorait bien des coutumes, mais s’en remettait au hasard. Il avait simplement réservé une petite chambre pour deux nuits, sans savoir s’il resterait davantage, ni même comment il rejoindrait la côte.
Il n’aurait pas su dire quoi. Pas précisément.
Il aurait pu parler d’un sentiment de devoir, d’un hommage. D’un besoin de solitude. Mais c’était plus vaste, plus intime. Il y avait cette idée — presque enfantine — qu’il allait peut-être tomber amoureux. Pas d’un visage, pas d’un corps. Mais de quelque chose qui le dépasserait.
Il le sentait. Ce n’était pas un caprice. Ni un fantasme. C’était une promesse secrète, logée en lui depuis des années. Un élan. Une étoile. Il ne l’avait confié à personne. Pas même à Karim, son colocataire et frère de cœur, qui l’avait pourtant pris dans ses bras la veille au soir sans oser trop poser de questions :
— Tu pars léger ?
Luc avait souri.
— Je pars juste avec ce qu’il faut.
Juste assez pour avoir de la place. Pour recevoir. Pour laisser le vent entrer.
À l’aéroport, d’où il allait s’envoler pour Bari, dans le sud de l’Italie, et de là prendre un ferry pour Patras, il s’était senti un peu ridicule, seul avec son sac, une gourde cabossée, un carnet vide. Mais il s’était assis près de la porte d’embarquement avec le calme de ceux qui savent. Il avait regardé les familles, les couples, les solitaires. Et il s’était dit que lui aussi, peut-être, allait écrire quelque chose de nouveau.
Il ne savait pas encore que l’amour avait parfois le visage de la surprise. De la lumière brute. Il ne savait pas encore que la mer allait tout emporter. Ni que certains souvenirs naissent d’un simple regard échangé sur un sentier brûlé de soleil.
Mais il était prêt. Prêt à perdre ses repères. Prêt à rencontrer ce qui l’attendait. Le cœur battant dans l’avion, le front contre le hublot, il ferma les yeux. Et laissa la lumière l’emporter.

Premier chapitre :

Luc

Je pédalais comme un damné, le souffle court, la nuque perlant de sueur, le short collé à la peau. La route, en montée constante, serpentait entre des oliveraies brûlées de soleil et des murs de pierres sèches. Pas une voiture. Pas une âme. Rien que le grésillement des cigales et le poids écrasant de l’après-midi sur mes épaules.
Je m’étais fié aux indications du vieux Vasyl chez qui je logeais, un Grec à l’accent russe, la peau burinée, les yeux aussi bleus que la mer. Il m’avait parlé, avec cette fierté tranquille des gens du cru, d’un « site oublié », d’un ancien lieu de fouilles suspendu, d’un temple inachevé. “Pas pour touristes. Pour toi. Tu es curieux. C’est bon.” Il m’avait fait un clin d’œil.
Et voilà. Après plus d’une heure à me cramer les cuisses, j’atteignais enfin une clairière isolée, presque invisible depuis la route.
Le soleil s’élevait fièrement derrière les pins maritimes de la côte péloponnésienne, étendant ses rayons brûlants sur les pierres usées d’un ancien sanctuaire, posé là comme un vestige de promesses oubliées. Ce n’était pas un site répertorié dans les guides de voyage, encore moins une attraction touristique. Juste un amas de colonnes renversées et de pierres effondrées, surplombant une crique déserte que même les oiseaux semblaient éviter. Un petit panneau bancal en grec, mangé par le soleil, indiquait : Παλαιό Σημείο Ανασκαφής — « ancien lieu de fouilles ». Deux ânes nonchalamment attachés à un figuier tordu, et plus loin, un olivier sous lequel quelques moutons ruminaient leur torpeur. Et au milieu… un gouffre surplombé d’un treuil laissant pendre une corde solide dans le vide.
J’étais seul apparemment. Seul avec ma curiosité, mon impudeur estivale, et ce short un peu trop court que je portais sans réelle conviction, mais qui semblait coller à ma peau comme une provocation muette.
Il y avait quelque chose d’arrogant dans la façon dont je m’étais hissé par-dessus les rubans plastiques de sécurité, m’introduisant dans ce sanctuaire interdit. Une voix intérieure me soufflait que je n’y trouverais ni dieux, ni statues, mais peut-être quelque chose d’encore plus précieux.
Je posai le vélo dans les herbes hautes et m’approchai à pas feutrés. Un frisson me remonta l’échine, entre crainte et exaltation. C’était comme si je m’invitais dans une autre époque. Je me penchai vers le trou, assez large pour engloutir un van entier, en espérant apercevoir quelque chose d’intéressant. Ce que j’entendis d’abord, ce furent des jurons. En français.
— Putain de merde de corde à la con ! Saloperie de poulie ! Enculé de Zeus et tous ses putains de potes à la con !
Je restai figé. Et puis… un bruit me fit sursauter.
Quelqu’un éternua. Sec, inattendu. Mon cœur bondit dans ma poitrine.
Je me penchai lentement, presque fébriles. J’eus d’abord l’impression de rêver. Il y avait une silhouette accroupie, dissimulée dans l’ombre. Je ne distinguai rien de son visage. Rien… sauf ses mains.
Elles étaient longues, puissantes, tachées de poussière et de lumière dorée. Il tenait une sorte de pinceau ou de spatule d’archéologue. Ce n’était pas un vieil homme, non. C’était quelqu’un de jeune, concentré. Je restai immobile, hypnotisé par ces doigts — la manière dont ils caressaient la pierre, comme s’ils pouvaient en extraire un secret. Puis, il se pencha et leva la tête dans ma direction :
— Y a quelqu’un ? demanda-t-il en grec puis en français d’un ton sec.
Sa voix grave, éraillée, sûre, me transperça.
Je me fixai, le cœur battant.
— Heu… oui… enfin… non… je vais partir, désolé ! répondis-je d’une voix claire, en tournant les talons.
Il y eut un silence. Puis un raclement de gorge et un bruit métallique. Je me retournai, vis la corde se tendre et une pression sur la poulie. Je restai figé.
— Attends ! lança la voix. J’arrive…
Deux mains apparurent, accrochées à la corde. Elles étaient belles, puissantes, bronzées, noircies de poussière, et d’une élégance troublante. Je n’avais jamais pensé qu’une paire de mains pouvait avoir un tel effet sur moi. Mon ventre se contracta. Il montra sa tête en quelques secondes. D’un coup sec. Sans effort apparent. Ses bras se tendirent, sculptés, puissants, puis il se hissa d’un seul élan. Quand son torse émergea du trou, j’eus une bouffée de chaleur. Il était torse nu, le visage en sueur, le corps tout entier couvert de poussière, les cheveux humides, ébouriffés. Il avait l’air d’un dieu ou d’un voleur d’étoiles. Il me sourit :
— Salut. T’es français ?
— Comment t’as deviné ? le charriai-je, un peu culotté tout de même.
— Ton air coupable et ton petit air arrogant…
— Je suis pas arrog… tentai-je, de me défendre mais il me coupa :
— Ton bronzage de chicken touriste alors… continua-t-il, pour détendre l’atmosphère.
Il me reluqua des pieds à la tête, j’étais un peu mal à l’aise. Il s’essuya ses mains pleines de poussière à son short :
— Je m’appelle Pita, dit-il en me tendant un pinceau noirci. Enfin… Petros. Mais tout le monde m’appelle Pita. Ne demande pas pourquoi.
— Luc, répondis-je, à peine audible, prenant l’outil comme s’il s’agissait d’un calice. Tu es archéologue ?
— Pas vraiment. Enfin si. J’ai fait des études là-dedans, mais maintenant je bosse un peu partout. Pour des privés, des collectes, des fondations. Parfois juste pour le plaisir. Ici, je suis venu sans autorisation. Ce site est en cours de reclassification. Personne ne s’en soucie, alors j’en profite. J’ai l’impression de sauver quelque chose, tu vois ?
Il parlait avec douceur, mais ses yeux restaient fixés sur moi, comme s’il analysait chaque souffle que je prenais. Son regard était d’une précision désarmante, presque chirurgicale. Il m’écorchait de l’intérieur avec tendresse.
— Ah ! répondis-je sans grande enthousiasme.
Ça le fit sourire, un sourire magnifique et ses dents… Waouh…
— Ravi de te rencontrer, Luc. T’as pas l’air d’un archéologue. Ni d’un brigand. T’es quoi, un explorateur en short moulant ?
Je rougis. Il rit. Ce rire. Ce putain de rire. Une rivière de lumière au jeune homme que j’étais.
— Comment t’as trouvé ce site… il n’est répertorié nulle part dans les guides de touristes ?
— C’est le monsieur chez qui je loge…
— Muhu…
Il passa devant moi, me frôlant, une odeur de peau chaude, de savon sec et de sueur douce flottant autour de lui. Je sentis mon corps vibrer. J’étais électrisé. Déjà en train de fondre.
— Tu veux de l’eau ? demanda-t-il en extirpant une gourde planquée sous un rocher.
J’hochai la tête. Il la tendit, me scrutant de ses yeux vert bouteille, ourlés de cils denses. Je tremblais presque. Quand je portai la gourde à mes lèvres, je sentis son regard m’envelopper. Je bus. Longuement.
— Joli torse pour un gamin, dit-il en souriant. Tu fais du sport ?
— Du handball. Et du water-polo.
— Bien. Très bien. T’as quel âge ?
— Dix-neuf ans.
— Tu fais plus jeune…
Il me déshabillait du regard sans gêne. Puis, sans me prévenir, il posa deux doigts sur ma nuque, essuya doucement la sueur et frotta ses doigts sur son short.
— T’es trempé. Enlève ton t-shirt.
Je restai figé.
— Allez, vas-y. Je vois des torses d’athlète à longueur de journée dans mon job… ce n’est pas le tien qui va m’impressionner…
Je restai inerte, comme paralysé. J’avais peur de montrer mon corps à ce démon sorti de l’enfer d’Hadès, me semblait-il, comme si j’avais deviné ce qui allait arriver. Il s’agaça tout en riant en voyant mon air gêné :
— Laisse ! Je vais le faire pour toi, alors.
Et avant même que je puisse protester, il me tira mon haut par-dessus la tête, d’un geste souple et doux, presque maternel. Il l’accrocha à une branche. Puis il me regarda. Longtemps. Fixement tandis que je shootais des cailloux sur le sol en baissant les yeux.
Il but goulument, ses biceps se gonflant en pliant le bras. J’observais ses muscles, son cou, la tension dans ses avant-bras, les mouvements lents de son dos quand il se penchait. Son torse bien que plein de poussière était magnifique.
Je n’aurais pas dû le regarder ainsi. Je n’aurais pas dû le désirer à ce point. Mais c’était plus fort que moi. Sa présence me faisait fondre et je me demandais bien ce qui était en train de m’arriver… Chaque geste devenait un prélude, chaque souffle un aveu.
— Tu vas me faire rougir, murmura-t-il soudain, sans lever les yeux.
— Pardon ?
— Tu me déshabilles du regard depuis cinq bonnes minutes.
Mon cœur rata un battement. Mais il souriait, joueur, provocateur, comme un chat qui sent sa proie hésiter à fuir.
— Je croyais être discret.
— Tu ne l’es pas. Mais y a pas de lézard… j’aime ça.
Un frisson me parcourut l’échine alors que je m’asseyais sur le sol. Il m’imita, s’assit en tailleur, son genou effleurant le mien. Je sentais la chaleur de sa peau à travers la mienne. Une électricité douce, presque insoutenable.
— Et si on laissait les ruines tranquilles, juste un moment ? proposa-t-il.
— Tu veux dire…
— Je veux dire que je ferais bien l’amour avec toi. Là. Maintenant. Mais seulement si toi aussi tu…
Mon souffle se bloqua dans ma gorge. Tout mon corps hurlait oui, mais ma bouche resta suspendue, incapable de former un son durant une bonne minute où il me fixait.
— Mais… je ne te connais pas…
— Moi non plus ! affirma-t-il d’un ton solennel.
— Et puis comment tu…
— Oh, rassure-toi, tu ne fais pas follasse si c’est ça qui t’inquiète… sourit-il, décontracté. Mais je sens bien les gens en général. Je ne me trompe pas souvent… et quelque chose me dit que tu aimes ce que tu vois en me regardant… Je sens que je peux te faire confiance… que t’es un mec bien.
— Mais enfin…
— Quoi ? Je suis trop direct ? C’est trop soudain ? Trop zarbi qu’un mec te drague en pleine cambrouse ? Trop mystique ?
— Ben…
— J’espère que tu connais plus de deux mots pour tenir une conversation !
— Pff…
— Tu sais, c’est pas pire que de rencontrer quelqu’un dans un bar ou un sauna… Au moins là, t’es fixé sur la bête et la lumière ne trompe pas sur la marchandise ! bomba-t-il le torse en se le caressant et en me léguant un large sourire.
Même si la situation était bizarre et que jamais en partant de chez Vasyl j’aurais imaginé une seule seconde rencontrer un mec, gay de surcroît et en train de bosser dans un gouffre… je ne trouvais pas la situation si étrange et singulière. Je n’avais aucune crainte, aucune peur… C’était un peu comme si on avait mis Pita sur ma route pour ce grand jour. Et que je l’avais attendu toute ma vie…
Il approcha sa main de mon visage, lentement, et effleura ma joue du dos de ses doigts. Son toucher était si délicat que j’en fermai les yeux.
— Tu trembles, dit-il doucement.
— Je ne sais pas ce que je suis en train de faire, avouai-je.
— Tu le sais très bien. Et moi aussi.
Il posa son front contre le mien. Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il pouvait l’entendre. Et puis il m’embrassa. Pas sauvagement. Pas avec cette assurance cynique que j’avais crainte. Non. Il m’embrassa comme on touche une relique sacrée. Lentement, avec retenue. Ses lèvres étaient sèches, mais pleines. Sa langue effleura la mienne, timide d’abord, puis plus assurée, plus curieuse.
Je me perdis dans ce baiser.
Il avait un goût de mer et de soleil. Il sentait la poussière chaude, la peau salée, les siècles mêlés à la sueur. Je n’étais plus un touriste. J’étais une offrande. Une offrande qu’il acceptait avec bienveillance.
Je me retrouvai contre lui sans comprendre comment. Ses mains couraient le long de mes bras, de mes hanches, jusqu’à ma nuque. Il semblait tout connaître de moi et c’en était troublant… Il me caressait comme on lit un poème à voix basse.
— Tu es quelqu’un de magnifique, murmura-t-il contre mes lèvres.
— Tu ne me connais pas, dis-je en tremblant.
— Ce n’est pas vrai. Je te lis depuis que mes yeux se sont posés sur toi. Ton corps parle. Tes yeux aussi.
Je me laissai aller contre lui. Je voulais qu’il m’apprenne. Qu’il m’éveille. J’étais prêt, même si je n’avais jamais su que je l’étais.
Il me poussa lentement sur le dos, entre deux dalles de pierre tièdes. Le ciel s’effaçait au-dessus de moi, remplacé par son visage penché. Il me dévora des yeux, sans hâte, avec cette façon presque sacrée de tout ressentir.
Je crois que j’ai gémi quand sa main a glissé sous mon short.
Je crois aussi que j’ai pleuré, sans bruit, quand son corps s’est collé au mien et que, pour la première fois, j’ai compris ce que voulait dire le mot désir.
Mais pour l’instant, tout restait encore à reconstruire.

À découvrir ici :

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Faites-vous plaisir cet été… emportez l’un de nos livres de cette collection Beach Boys… comme celle-ci, des moments sensuels, certes, mais pas que… Ne manquez pas ce magnifique roman de Tom Huxley…

Puisque vous êtes ici, ne manquez pas ce roman de Neil Wood qui semble beaucoup plaire aux lecteurices :

RÉSUMÉ :

Owen, écrivain en chute libre, fuit New York, ses relations sans lendemain et ses angoisses pour un cottage isolé du Maine. Il cherche la solitude, peut-être un semblant d’inspiration. Ce qu’il va trouver à Solace Beach est tout autre.
Il s’appelle River. Grand, taciturne, aussi secret que magnétique, sauvage, et chargé de mystères. Entre eux, c’est brut. Incontrôlable. Et terriblement sensuel.
Mais leur passion réveille les fantômes d’une petite ville rongée par les secrets, les non-dits, les ragots… et une foi dangereusement toxique.
Un roman incandescent où l’amour se mêle à la peur, et où les secrets d’hier menacent le bonheur de demain.

Ce livre parle de ce qu’on tait trop souvent : les blessures de l’homophobie, les ravages des thérapies de conversion, et cette putain de rage de vivre malgré tout.

RÉSUMÉ :


Certaines rencontres bouleversent tout, surtout quand elles se font au rythme imprévisible des vagues…
Guillaume pensait connaître sa vie par cœur : une famille heureuse, un mariage stable, et Elliot, son fils adolescent avec lequel il tente maladroitement de maintenir le lien. Mais lorsque son mari le quitte brutalement, révélant des années de mensonges et d’infidélités, tout bascule. Dévasté, hanté par le poids de ses secrets et de ses non-dits, il décide alors de passer l’été à La Rochelle pour renouer avec Elliot, qui lui en veut d’avoir brisé leur famille.
Entre sessions désastreuses de kitesurf, confidences douloureuses, et tentatives maladroites de se reconstruire, père et fils s’observent, s’évitent, s’aiment en silence, chacun enfermé dans sa propre colère. Pourtant, sous le soleil éclatant de l’île de Ré, la vie réserve à Guillaume une rencontre inattendue : Raphaël, ostréiculteur libre et passionné, dont la sensibilité brute et l’humour solaire vont peu à peu lui réapprendre à aimer.
Cet été-là, tandis qu’Elliot découvre les premiers frissons amoureux auprès de la mystérieuse Chloé, Guillaume devra enfin affronter la vérité qu’il fuit depuis trop longtemps. Peut-on aimer à nouveau lorsqu’on a été profondément trahi ? Comment un père peut-il avouer ses fragilités à son fils sans le perdre définitivement ?
L’Été des Méduses est une histoire vibrante et lumineuse, celle d’un père et de son fils qui apprennent, chacun à leur manière, à aimer autrement. Une histoire où l’émotion se mêle au rire, où la douceur estivale côtoie les tempêtes familiales, et où chacun découvrira que la véritable liberté est celle d’oser être pleinement soi-même.
— Cet été, sur les rivages de La Rochelle, l’amour et la vérité se rencontrent enfin.

Puisque vous êtes ici, ne manquez pas ce roman coup de point de Neil Wood qui semble beaucoup plaire aux lecteurices :

LAISSEZ-VOUS EMPORTER DANS CETTE HISTOIRE PROFONDE ET ÉMOUVANTE QUI LAISSE DES TRACES APRÈS LECTURE…. UNE HISTOIRE POIGNANTE QUI MARQUE ET QUESTIONNE, SE PASSANT DANS UN MONDE RURAL ET TRAITANT DES SUJETS AUSSI IMPORTANTS QUE L’HOMOPHOBIE, L’INTOLÉRANCE, LES COMBATS CLANDESTINS, L’AMOUR ET LA PEUR D’AIMER…

Résumé : 

RÉSUMÉ :

Nicolas n’a jamais été comme les autres. Né d’une rencontre sans lendemain, élevé à la dure par un père qui ne l’a jamais accepté, il a appris très tôt à dissimuler ce qu’il est, ce qu’il ressent. Seul Larry, l’ami d’enfance, comprend la sensibilité qui bouillonne en lui. Mais quand la vie à la ferme devient insoutenable, Nico va s’entraîner sans relâche à la boxe pour devenir le meilleur. Et quand les dettes s’accumulent, Nicolas plonge dans un univers addictif pour aider son père financièrement, rejoignant un « Fight Club » et participant à des combats clandestins, brutaux et sans pitié.
Entre amours interdits et combats sauvages, jusqu’où Nicolas ira-t-il pour enfin être vu, aimé, accepté ?

Une histoire sensuelle et bouleversante, où l’amour n’a pas de modèle et où les âmes égarées trouvent parfois leur place là où elles s’y attendaient le moins.

À découvrir ici en version e-book, papier ainsi que gratuit dans la bibliothèque comme la plupart de nos romans…

Découvrez nos romans qui cartonnent depuis leur sortie :

NEVADA – À corps perdus

À découvrir en cliquant sur l’image :

Yukon – Will, ce qu’on ne sait pas de toi…

Toujours autant populaire cette série de Tom Huxley qui séduit encore autant de lecteurices et nous en sommes très fiers… YUKON 1 & 2 & 3

Jérémie, sportif de haut niveau évoluant en NHL arrive à Montréal, où il loge chez son frère Max et sa femme Brigitte. Après des bagarres à l’entraînement dues notamment à cause de son orientation sexuelle qu’il veut vivre au grand jour, il est suspendu durant des mois par la fédération.

Dylan le meilleur ami de son frère et associé dans leur cabinet de designer est d’accord pour le prendre avec lui dans le Yukon, où il a un magnifique chalet et passe toutes ses vacances là-bas.
Va naître des sentiments entre les deux hommes et un destin commun, Dylan étant père de deux adorables garçons mais cachant un terrible secret. 

S’Wonderful, une série palpitante qui va vous faire voyager et aimer la vie malgré les aléas. Une romance MM de 5 tomes qui va vous permettre de découvrir le parcours de Romain, un homme marqué par les épreuves mais se rappelant sans cesse que l’existence d’un homme est une poussière d’étoile, et qu’il vaut mieux n’en retenir que le merveilleux…      Vous pouvez découvrir les deux premiers tomes passionnants et très émouvants en version e-book, papier ainsi que gratuitement  dans la bibliothèque amazon :  

Publié par Didier Berger auteur

Passionné des mots, Didier Berger a publié plusieurs romans à Paris et en Suisse. Lauréat de concours de nouvelles, il a également publié de nombreux textes et nouvelles dans des revues littéraires, magazines et journaux de France, de Suisse et du Canada. Citoyen du Monde avant tout, grand voyageur, il a parcouru le globe sac à dos à maintes reprises et côtoyé de nombreux peuples et cultures différents, ce qui lui permet d’avoir un esprit d’ouverture fort apprécié. Grand amoureux de la nature, il préfère les grands espaces aux villes.

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