EXTRAIT du guide de l’autoédition #2 Chapitre 2. L’élitisme littéraire français du guide de l’autoédition #2

Une tour d’ivoire qui regarde encore l’autoédition comme un sous-monde

Maintenant que vous êtes prêt à faire feu et à lancer votre livre dans le grand bain, il faut vous prévenir d’un détail essentiel, un détail qui, à lui seul, peut briser des vocations, faire douter les plus motivés, et transformer la joie de publier en un étrange malaise. Ce détail s’appelle l’élitisme. Et en France, autant vous dire qu’on a élevé cette discipline au rang de sport national.

Soyons honnêtes : la France adore la littérature. Elle la vénère, elle l’encense, elle en parle avec une passion presque religieuse. Mais derrière ce vernis romantique se cache un autre visage moins glorieux : une hiérarchie implicite, rigide, poussiéreuse, où chacun sait parfaitement où il doit se situer… et surtout où il n’a pas le droit d’aller.

Et dans cette pyramide invisible, qui retrouve-t-on tout en bas ?

Les autoédités.

Le mépris, un sport de salon très français

Il suffit de parcourir les réseaux sociaux pour comprendre à quel point le mépris envers l’autoédition est encore solidement ancré. On y lit des choses comme :

« Si vous étiez vraiment bon, vous seriez édité. »

« L’autoédition, c’est pour ceux qui n’ont pas le niveau. »

« Ce n’est pas un vrai livre, c’est de l’amateurisme. »

« N’importe qui peut publier aujourd’hui, c’est le problème. »

Ah, la France… ce pays qui a inventé les Lumières mais qui a du mal à admettre que le monde change. Pour une partie du public, et même pour certains libraires ou chroniqueurs, un auteur autopublié reste un citoyen littéraire de seconde zone. On peut difficilement faire plus clair.

Les maisons d’édition : entre mépris affiché et désir secret

Et du côté des maisons d’édition ? Le discours officiel est simple : « l’autoédition, ce n’est pas sérieux ». Mais la réalité est tout autre.

Car pendant que l’élite littéraire s’indigne que “tout le monde puisse publier un livre aujourd’hui”, que voit-on dans les coulisses ?

Des maisons d’édition traditionnelles fouillant discrètement les plateformes d’autoédition. Cherchant la perle rare. Celle qui s’est déjà fait un public. Celle qui a prouvé qu’elle vend. Celle dont les couvertures, le style ou la communication attirent. Celle qui a fait le travail que ces maisons ne prennent plus le temps de faire.

Et là, soudain, le mépris devient… curiosité. Puis intérêt. Puis proposition de contrat.

Mais attention : il ne faut rien dire. Ce serait trop embarrassant d’avouer que les autoédités, ces « amateurs », sont devenus aujourd’hui une véritable pépinière de talents. Une réserve où puiser les futures signatures rentables. Un vivier d’auteurs déjà rodés, déjà marketés, déjà validés par le public.

Il faut sauver les apparences. Surtout ne pas abattre les murs de la grande Bibliothèque Sacrée du “vrai” livre.

Les petites maisons : méprisées par le sommet, mais parfois méprisantes à leur tour

Et puis, il y a une autre couche du problème : les petites maisons d’édition, peut-être plus accessibles, plus humaines… mais souvent elles-mêmes victimes de ce système élitiste. Ce qui n’empêche pas certaines de reproduire les mêmes attitudes méprisantes envers les autoédités, comme pour se donner une stature ou se rassurer quant à leur légitimité.

Ironique, n’est-ce pas ?

On se fait mépriser par le dessus, alors on méprise par le dessous. La magie de la pyramide sociale à la française.

Un héritage culturel qui pèse lourd

Pourquoi ce mépris existe-t-il ?

Parce que la France a bâti un mythe autour de la littérature. Ici, écrire n’est pas seulement un acte créatif : c’est une consécration presque sacrée. Un privilège accordé par des gardiens du temple. Le Prix Goncourt, le Lagarde et Michard, les grands éditeurs parisiens… tout cela forme un imaginaire où l’écrivain légitime est celui qui a été “choisi”. Pas celui qui s’est choisi lui-même.

Dans ce cadre, l’autoédition représente une hérésie. L’auteur autopublié casse la règle la plus sacrée :

Il n’attend pas qu’on le bénisse.

Il n’attend pas qu’un comité décide qu’il “vaut la peine”.

Il s’affirme.

Il prend sa place.

Il existe sans qu’on lui en ait donné la permission.

Et ça, pour beaucoup, c’est insupportable.

Les lecteurs eux-mêmes reproduisent parfois ce schéma

Le mépris ne vient pas seulement des professionnels. Une partie du lectorat, souvent sans même s’en rendre compte, a intégré cette hiérarchie.

Ils se disent :

« Autoédité = pas sérieux. »

« Autoédité = livre bourré de fautes. »

« Autoédité = romance à deux francs. »

Alors même que les grandes maisons publient parfois des ouvrages discutables, mal corrigés, creux, vendus uniquement parce qu’ils portent un nom qui rassure.

La réalité, c’est que la qualité ne dépend pas du mode de publication. Mais le préjugé persiste. Et pour un auteur autopublié, il faut travailler trois fois plus pour prouver qu’il mérite sa place.

Mais l’élitisme craque, petit à petit

Et pourtant… Malgré cette tour d’ivoire qui refuse d’admettre l’évolution du monde, quelque chose change. Aujourd’hui, des dizaines d’auteurs autoédités vivent de leur plume. Des milliers vendent plus que ceux des maisons traditionnelles. Certains créent leur propre lectorat fidèle, solide, passionné.

Et surtout, les mentalités évoluent. Lentement, certes, mais sûrement.

Car la vérité est simple : Le public aime les histoires, pas les étiquettes. Et beaucoup commencent enfin à comprendre que l’élitisme littéraire n’a jamais garanti la qualité d’un livre.

Conclusion : affronter l’élitisme, le regarder droit dans les yeux, et avancer

Si vous choisissez l’autoédition, vous serez jugé.

Par des éditeurs.

Par des libraires.

Par des lecteurs.

Par d’autres auteurs.

Par des inconnus sur le web qui n’ont parfois même jamais ouvert un livre.

C’est injuste, frustrant, agaçant. Mais c’est la réalité.

Et pourtant… ce choix vous offre une liberté que beaucoup rêvent d’avoir. Vous écrivez ce que vous voulez. Vous publiez ce que vous voulez. Vous construisez votre carrière sur vos termes. Et vous découvrez un lectorat qui ne vous suivra pas parce que vous avez le “bon label”, mais parce qu’il aime réellement vos mots.

L’élitisme peut continuer à vous regarder de haut.

Vous, vous avancez.

Vous créez.

Vous existez.

Et ça, c’est peut-être la plus belle victoire littéraire de toutes.

Didier Berger

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Pour l’écouter, il doit retrouver un lecteur de cassette. Ce détail apparemment anodin le ramène vers un lieu de son enfance — et provoque une rencontre aussi improbable que déterminante.
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Publié par Didier Berger auteur

Passionné des mots, Didier Berger a publié plusieurs romans à Paris et en Suisse. Lauréat de concours de nouvelles, il a également publié de nombreux textes et nouvelles dans des revues littéraires, magazines et journaux de France, de Suisse et du Canada. Citoyen du Monde avant tout, grand voyageur, il a parcouru le globe sac à dos à maintes reprises et côtoyé de nombreux peuples et cultures différents, ce qui lui permet d’avoir un esprit d’ouverture fort apprécié. Grand amoureux de la nature, il préfère les grands espaces aux villes.

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