L’Érotisme en littérature : Entre rose pâle et rouge sanguin, trouver la bonne température sans se brûler les doigts


Ou comment satisfaire des lecteurices très exigeant·e·s qui ne savent pas toujours ce qu’ils/elles veulent, mais qui savent quand “ça ne va pas du tout.”

Ah, l’érotisme littéraire…
Ce genre sulfureux, complexe, délicieux — et parfois franchement périlleux — où un mot de trop peut ruiner l’ambiance, et un mot pas assez vous fera passer pour une frigide de la prose.

📢 Certains veulent du velours, des soupirs, de la dentelle.
📢 D’autres veulent des chaînes, des fessées et des détails anatomiques plus précis qu’un cours de biologie.

Et vous, auteur(e) naïf(ve), pensiez pouvoir plaire à tout le monde avec une scène sensuelle sous la pluie ?
ERREUR. Bienvenue dans l’arène la plus subjective de la littérature.

📚 Un genre vénéré par les uns, dénigré par les autres, et plein de surprises pour tout le monde.
Mais surtout, un champ de mines pour les auteurs. Parce que là, mes ami·e·s, les attentes des lecteurices sont aussi variées que les noms d’acteurs dans une saga Netflix.

Petit rappel : L’érotisme, c’est pas nouveau

Ne croyez pas que ce soit une invention de Fifty Shades of Grey ou des plateformes en ligne pour lectrices en manque de sueur torride.

📜 Déjà dans l’Antiquité, on écrivait des textes bien épicés :

  • Le Satiricon de Pétrone,
  • L’Âne d’Or d’Apulée,
  • Et plus tard, notre cher Marquis de Sade, qui a tout simplement pris la sensualité… et l’a passée à la tronçonneuse.

📊 Selon une étude du CNRS (oui, même eux s’y intéressent, c’est dire), la littérature érotique est un pilier de la littérature mondiale, représentant en 2023 plus de 23 % des ventes numériques en France.
Et ce, sans même parler des “romances spicy” déguisées.

🎨 🎨 Et si on créait un code couleurs ?

Parce que soyons honnêtes :
🧠 Ce qu’un lecteur appelle “érotique”, un autre l’appelle “pornographique”, et un troisième “une pub pour lit parapluie.”

(Ou pourquoi on devrait clairement créer un code couleur.)

Nous avons pensé dans nos petites têtes à un système de classification simple, pour aider lecteurices ET auteurices à savoir dans quoi ils/elles mettent les yeux :

  • 🌸 Rose pâle : juste une tension, un frôlement de main, un regard brûlant à la page 183… rien avant le dernier chapitre, et encore.
  • 🌷 Rose : un baiser torride à la page 50, et un passage sous la couette soft au chapitre 14.
  • 🍑 Orange : ça chauffe, on entre dans le domaine des scènes explicites, vocabulaire encore poétique mais sans détour.
  • 🔥 Rouge : là, c’est pan-pan-boum-boum, vocabulaire cru, plusieurs scènes torrides… le scénario est encore là, mais il transpire un peu.
  • 🩸 Rouge sanguin : « On n’est pas là pour enfiler des perles ». C’est direct, intense, parfois borderline. Tout le monde sue, y compris le lecteur.
  • 💜 Violet profond : On franchit les lignes. BDSM, kinks divers, plans à trois (ou douze), c’est l’enfer des puritains et le paradis des curieux.

📊 Selon une étude Wattpad, 71 % des lecteurices disent vouloir “des scènes bien dosées, ni trop ni trop peu”… sauf que chacun a sa propre définition du “trop”.

😱 Le Problème : Les lecteurices sont… très susceptibles

Oui, plus encore que pour les romans de Noël, c’est dire.

📌 Pour certain·e·s, un simple baiser fougueux est déjà du contenu « choquant » à interdire aux moins de 40 ans.
📌 Pour d’autres, si au bout de 15 pages il n’y a pas de scène de sexe sur une table de cuisine, c’est “lent et frustrant.”

Et le pire ?
➡️ “Trop vulgaire.”
➡️ “Pas assez osé.”
➡️ “Trop lent.”
➡️ “Gratuitement choquant.”
➡️ “Pas assez de détails.”

🧠 Une étude menée par Romance Writers of America révèle que :
📊 68 % des lecteurs de romance érotique jugent la scène réussie selon leur propre “ressenti”, même s’ils ne peuvent pas dire ce qui cloche.

👉 En gros : vous êtes foutu(e) d’avance.

📖 Comparons avec d’autres genres (Et pleurons ensemble)

  • Dans le polar : le meurtre est accepté, le sang aussi. Pas de souci.
  • Dans la fantasy : un dragon peut carboniser un village, ça passe.
  • Dans la romance : un doigt mal placé, et c’est le scandale du siècle.

🛑 Lignes rouges & surenchère : Où est la limite ?

👉 Le danger, dans ce genre, c’est la surenchère.
📌 Si une scène fonctionne, on veut faire plus, plus fort, plus cru.
📌 Et là, vous passez de la littérature à un script de site pour adultes mal fréquenté.

Et surtout : 💣 Le vocabulaire cru en boucle finit par anesthésier.
(“Il l’attrapa par le…” — Stop. On connaît. C’est le quatrième ce soir.)

🧘‍♀️ Que faire ? Quelques petits conseils malins

✅ Connaissez votre cible. Rose pâle ou rouge fluo ? Positionnez-vous, et restez cohérent.
✅ Racontez une histoire. Même une scène chaude mérite un arc narratif.
✅ N’écrivez pas une scène parce qu’il “en faut une”. Si elle ne sert pas le récit, elle devient ridicule ou gênante.
✅ Soyez clair dans la description de votre livre. “Contenu explicite, âmes sensibles s’abstenir” est un bon début.

💡 Conclusion : L’érotisme, c’est un Art (Pas une Check-list)

📌 Un bon texte érotique ne se mesure pas à la quantité de sueur ou de soupirs,
📌 Mais à sa capacité à suggérer, surprendre, émouvoir… et allumer une petite étincelle dans l’imaginaire.

Et comme pour les plats épicés, ce qui est trop relevé pour l’un sera fade pour l’autre.
Alors, trouvez votre saveur. Et osez.
Mais pitié, prévenez les lecteurs de la sauce à laquelle ils vont être mangés.
🌶️📚💦

Et vous, plutôt rose pâle ou rouge sang ? 😏 ça nous intéresse… Quel rapport avez-vous avec les scènes un peu, beaucoup, à la folie érotiques…

Pour passer un bon moment la sortie récente du mois à découvrir…..

Laissez-vous séduire par cette histoire qui nous l’espérons, vous fera passer un aussi agréable moment que Tom a passé à l’écrire…

Laissez-vous embarquez dans cette histoire qui arrive bien plus souvent que vous ne le pensez… L’auteur a écrit cette Novella suite à une rencontre faite un jour et dont il est ressorti bouleversé…

RÉSUMÉ :

Toute sa vie, Roger a aimé en secret. À soixante-douze ans, il n’est plus seulement un mari fidèle, un père aimant, un homme de devoir. Il est aussi un homme fatigué de se cacher. Depuis quarante-huit ans, il vit un amour clandestin avec Bastien, l’homme qu’il n’a jamais osé choisir pleinement.
Prisonnier d’un mensonge qu’il croyait protecteur, Roger a tout sacrifié pour préserver sa famille. Mais le poids du silence est devenu insoutenable. Que restera-t-il de lui s’il ne dit pas la vérité ? S’il disparaît sans que ses enfants sachent qui il est vraiment ?
Alors, enfin, il parle.
Entre choc, incompréhension et amour inébranlable, Lâche est une histoire poignante sur le courage tardif, les regrets et la force inaltérable des liens du cœur. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour s’aimer librement.

La grande question pour Roger est de savoir si ses enfants ne vont pas lui tourner le dos… Mais ce qui est très intérressant dans ce récit, c’est que Tom Huxley s’est arrêté sur tous les protagonistes et leurs réactions. Et c’est sans le moindre doute, le plus intérressant… Que peut penser un enfant à qui son père n’a jamais osé avouer un tel secret ? Vous allez pouvoir suivre ici les réactions de toute la fratrie et des autres personnages de cette histoire bouleversante…

Toujours autant populaire cette série de Tom Huxley qui séduit encore autant de lecteurices et nous en sommes très fiers… YUKON 1 & 2 & 3

Jérémie, sportif de haut niveau évoluant en NHL arrive à Montréal, où il loge chez son frère Max et sa femme Brigitte. Après des bagarres à l’entraînement dues notamment à cause de son orientation sexuelle qu’il veut vivre au grand jour, il est suspendu durant des mois par la fédération.

Dylan le meilleur ami de son frère et associé dans leur cabinet de designer est d’accord pour le prendre avec lui dans le Yukon, où il a un magnifique chalet et passe toutes ses vacances là-bas.
Va naître des sentiments entre les deux hommes et un destin commun, Dylan étant père de deux adorables garçons mais cachant un terrible secret. 

@écueiléditions https://assocecueileditions.com/

N’hésitez pas à vous exprimer…

Photo de Thirdman sur Pexels.com

Publié par Didier Berger auteur

Passionné des mots, Didier Berger a publié plusieurs romans à Paris et en Suisse. Lauréat de concours de nouvelles, il a également publié de nombreux textes et nouvelles dans des revues littéraires, magazines et journaux de France, de Suisse et du Canada. Citoyen du Monde avant tout, grand voyageur, il a parcouru le globe sac à dos à maintes reprises et côtoyé de nombreux peuples et cultures différents, ce qui lui permet d’avoir un esprit d’ouverture fort apprécié. Grand amoureux de la nature, il préfère les grands espaces aux villes.

8 commentaires sur « L’Érotisme en littérature : Entre rose pâle et rouge sanguin, trouver la bonne température sans se brûler les doigts »

  1. Article intéressant et osé parce qu’on n’en parle très peu. Rose = roman à l’eau de rose. Terme connoté des années 80-90. Une honte de lire ce genre de littérature. Je fais partie des lectrices qui varient les gouts. Trop crus, je préfère alors lire en anglais, ça adoucit l’image que je forme dans ma tête. Et pour certains livres, c’est trop, d’autres pas assez. Cela dépend pour moi (je pense? ca mériterait une plus longue réflexion) du contexte et de la mentalité dans laquelle je suis pendant la lecture ; des personnages, de l’écriture de l’auteur.e Adolescente, je dévorais les Barbara Cartland (il y en avait plein en bibliothèque, on lis ce qu’on trouve), les harlequins (un camarade me refilait ceux de sa mère). Et j’ai tenté Sade (parce qu’il se trouvait dans la bibliothèque familiale – je me demande toujours pourquoi). Jeune adulte, un peu plus de ‘j’ai lu’ dans la romance historique. Le spicy n’existait pas encore. Un peu plus évolué que Cartland quand même, les femmes avaient plus de répondant mais les scènes érotiques… kesaco ?
    Puis vint l’ère de la bit-lit, du spicy et là oui, il faut un lieu et un contexte de lecture. Sinon, je ne suis pas très pour une écriture brute (je vais distinguer les écrits masculins et féminins). Manque d’habitude ? Gêne éducative ? Absence de référent ?
    Un sujet qui pourrait devenir un sujet philosophique. 🙂

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    1. Merci à toi pour ce commentaire et totalement d’accord avec toi, on en parle trop peu ou ça part immédiatement dans de grands débats pas vraiment philosophiques et c’est bien dommage… Car ce sujet est très intérressant tout comme l’humour d’ailleurs, qui reste un genre très singulier avec de très nombreuses sensibilités…

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      1. ah oui l’humour est un autre débat. Il a beaucoup évolué depuis les 30 dernières années et c’est aussi très personnel puisque certain humour va parler à une personne et horripiler une autre.

        Pour reparler du sujet de l’article, ce week end, je suis allée au salon ‘Love Story’ de Mons (Belgique). Beaucoup de spicy et littérature M/M mais aussi d’autres thèmes plus soft autour de l’amour. Le M/M est fort représenté par des autrices. Je n’ai rencontré qu’un auteur M/M. La vision du couple différent vraiment selon le genre qui écrit et celui qui lit. C’est une analyse encore intéressante à faire. Je n’ai pas lu suffisamment d’écrit masculin pour me faire une opinion du style. Celui que j’ai lu est plus cru et direct, je dirais que cela me correspond moins mais mon historique de lecture m’empêche d’être objective.

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      2. Tu m’enlèves les mots du clavier….. Car figure-toi que nous avons écrit un article que nous mettrons bientôt en ligne sur le sujet « délicat » du nombre d’autrices MM… Comme à Écueil Éditions nous ne sommes que des hommes auteurs, ça nous interpelle aussi de la même manière dont ça semble t’interpeler… Il est intéressant de comprendre le phénomène et je crois qu’on s’est posé les bonnes questions… On verra les réactions…

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      3. J’ai hate de lire cet article. J’avoue être frustrée de ne pas tenter un de vos livres mais comme je n’ai pas kindle, je suis limitée dans mon accès. 😦

        Le public aussi est intéressant à prendre en compte : Hétéro ou LGBTQ+ (dans mon entourage, j’ai des jeunes qui se cherchent encore et s’interrogent, et ma compréhension est encore fragile).

        Avec une discussion intéressante avec ma fille (21 ans), elle m’expliquait que les femmes hétéro avaient avaient tendance à se diriger vers des lectures, M/M, les hommes vers les lectures F/F (je parle de celles/ceux intéressées par cette lecture). Avez-vous cette tendance chez vos lecteurs ? Est-ce différent selon qui écrit ? Et les hommes écrivent-ils du F/F ?

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      4. Ce sont de très bonnes questions que nous développons dans les articles que nous sommes en train de préparer pour la suite… Et pour la dernière « les hommes écrivent-ils du FF », c’est un sujet que nous devons prendre avec bcp de précaution tant la réalité est flagrante et nette, mais très peu relatée… Ceci expliquerait peut-être la tolérance des uns et intolérance des autres… Votre fille a raison, bcp de femmes hétéros se dirigent vers des lectures MM et de tous âges. Par contre je ne suis pas sûr du tout que les hommes lisent de la littérature lesbienne. Un roman érotique ou deux femmes sont impliquées oui, mais pas une romance lesbienne…. C’est très intérressant sociologiquement et vous aveu pu remarquer que nous tentons de trouver des études sur les questions ou articles que l’on traite pour mesurer le pouls de la société…

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      5. À lire votre réponse je me rends compte que je suis tres traditionnelle (fermée?) dans l’image que j’ai des lecteurs. En fait je ne me suis jamais posé la question. Pour moi les lectures erotiques sont dédiées aux femmes et des que ça devient hard à la limite du porno et porno dur, quelques hommes. Comme mon monde est limité :(. Mais bon j’en apprend tous les jours et

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      6. Ah la réponse est partie sans que je puisse la relire. Je voudrais continuer en disant que je vois souvent les récits hard ( rouge à noir) comme dégradants pour la femme et parfois pour l’homme. Il y a tant de violences entre hommes/femmes dans la réalité que ce n’est pas ce que j’attends dans mes lectures.

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