« Les hommes meurent deux fois. La première, lorsque leur cœur cesse de battre. La seconde, quand leur nom est prononcé pour la dernière fois. »
Il est des silences plus lourds que mille cris. Des oublis plus terribles que les tragédies elles-mêmes. Parmi les grands crimes du XXe siècle, l’un d’eux a été longtemps maintenu dans l’ombre, soigneusement évité par les livres d’histoire, les commémorations, et les consciences collectives. Il s’agit de la déportation des homosexuels sous le régime nazi. Et plus précisément, du silence coupable qui a entouré cette déportation bien après la chute du Troisième Reich. Comme si, dans l’horreur des camps, certains morts ne méritaient ni mémoire, ni reconnaissance. Comme si aimer librement avait été, à leurs yeux, une faute inexpiable.
Triangle rose : une mémoire tardive, un hommage refusé
De 1933 à 1945, entre 50 000 et 100 000 hommes furent arrêtés en Allemagne en vertu du tristement célèbre paragraphe 175 du code pénal, qui criminalisait les relations homosexuelles masculines. Environ 10 000 à 15 000 d’entre eux furent déportés dans les camps de concentration, souvent affectés du triangle rose, un insigne infamant cousu sur leurs vêtements.
Ce que l’histoire officielle n’a pas raconté pendant longtemps, c’est qu’ils furent parmi les premières victimes ciblées du régime nazi, avant même que la machine génocidaire ne s’abatte sur les Juifs, les Tsiganes, les résistants, les handicapés mentaux. Ils furent arrêtés non pas pour ce qu’ils faisaient, mais pour ce qu’ils étaient. Non pas pour avoir nui à autrui, mais pour avoir aimé. Pour avoir existé en dehors du modèle viril et aryen promu par le Reich.
Ce qu’elle n’a pas raconté non plus, c’est qu’après la guerre, ils ne furent pas reconnus comme victimes. Le paragraphe 175 resta en vigueur en Allemagne jusqu’en… 1994. Les survivants des camps ne reçurent ni compensation, ni statut, ni reconnaissance. Ils furent rejetés par la société, parfois à nouveau emprisonnés, souvent abandonnés au silence, à la honte, à l’oubli. Ils avaient survécu aux camps, mais n’étaient pas autorisés à survivre à l’histoire.

Quand aimer devient une hérésie politique
Ce que cette période nous dit, avec une clarté glaçante, c’est qu’il existe dans les régimes autoritaires une obsession : celle de contrôler le corps et les désirs. L’amour, quand il échappe à la norme, devient une menace. L’intimité devient politique. Ce que l’on fait dans l’espace privé devient une affaire d’État. Et cela, les homosexuels l’ont payé de leur chair.
Le nazisme ne les considérait pas seulement comme « déviants ». Il les voyait comme parasites, comme dangers pour la reproduction de la race, comme un ferment de décadence à éradiquer. Ils furent isolés des autres détenus, soumis à des travaux plus durs, à des expérimentations médicales, à une brutalité souvent jugée « légitime » par les SS, tant leur infamie supposée semblait justifier leur torture. Ils étaient perçus comme des êtres dont la simple existence contaminait l’ordre établi.
Et ce raisonnement, aussi monstrueux soit-il, n’est pas mort en 1945.
L’oubli est une seconde mort
L’après-guerre aurait pu être un temps de justice. Il aurait dû l’être. Mais pour les homosexuels déportés, il ne fut qu’une seconde condamnation. La société préféra tourner la tête. Les mouvements de résistance les exclurent de leur mémoire. Les États les oublièrent dans les indemnisations. Les familles, souvent, les effacèrent. Ils n’avaient pas le droit d’avoir souffert. Leur mort n’était pas « héroïque », leur douleur pas « digne ». Elle n’était pas dicible.
Ce silence ne fut pas seulement une erreur. Il fut une violence. Une manière de prolonger le camp au-delà des barbelés. De dire à ces hommes — et à quelques femmes, souvent encore plus invisibilisées — que leur histoire n’avait pas de place dans la grande histoire. Qu’ils n’étaient ni martyrs, ni résistants, ni victimes : juste des anomalies qu’on préférait oublier.
Ce n’est que tardivement, dans les années 1980, qu’un mouvement mémoriel a émergé. Les associations LGBT+ commencèrent à parler, à témoigner. Des chercheurs, des écrivains, des artistes ouvrirent des brèches. Mais l’hommage officiel, lui, ne vint que bien plus tard. En France, ce n’est qu’en 2001 qu’un gouvernement rendit hommage aux homosexuels déportés. En Allemagne, le mémorial de Berlin ne fut inauguré qu’en 2008. Soixante-trois ans après la fin de la guerre.
Des cendres encore chaudes : les échos contemporains
Il serait doux de croire que ce genre de haine appartient au passé. Que les camps, les déportations, les paragraphes iniques sont des souvenirs d’un autre âge. Mais l’histoire, cruellement, bégaie. Et l’oubli est toujours son complice.
Regardons ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis. Sous l’ère Trump, les mentions LGBT+ ont été effacées des sites officiels. Les protections pour les personnes trans dans l’armée ont été suspendues. Des livres LGBT ont été interdits dans des bibliothèques scolaires. Des États ont adopté des lois interdisant toute évocation de l’homosexualité à l’école, sous couvert de protéger les enfants. Le même discours, les mêmes justifications. On accuse la diversité de « faire de la propagande ». On transforme une identité en menace. Une orientation en « idéologie ». Une existence en déviance.
En Russie, Poutine a mené cette logique à son paroxysme. Depuis 2013, une loi punit toute « propagande homosexuelle » auprès des mineurs. En réalité, il s’agit d’un interdit général sur la visibilité LGBT. Aucun média n’a le droit d’évoquer positivement ces identités. Les violences sont banalisées. En Tchétchénie, des rapports crédibles ont révélé l’existence de centres de détention illégaux pour homosexuels, avec tortures, humiliations, et disparitions. Et l’Occident regarde, en partie paralysé, en partie complice.
L’histoire comme miroir et avertissement
Ce que l’histoire des homosexuels déportés nous enseigne, c’est que les oppressions les plus brutales commencent toujours par des gestes banals. Une blague homophobe. Une censure d’un livre. Un programme scolaire allégé. Une phrase dans un discours politique, glissée l’air de rien : « Il faut protéger nos enfants de ces idéologies. » L’histoire ne se répète pas, dit-on, mais elle rime. Et aujourd’hui, ses rimes sont sinistres.
Ce qui était présenté hier comme une « déviance » est aujourd’hui à nouveau dénoncé comme « idéologie ». Ce qui était hier un sujet de silence devient aujourd’hui un champ de bataille culturelle. On ne vous interdit plus d’exister — pas tout à fait — mais on vous dénie le droit d’en parler, de transmettre, de figurer dans les livres, dans les films, dans les rues.
Mais que vaut un droit que l’on ne peut pas nommer ? Que vaut une liberté que l’on ne peut pas revendiquer ?

Se souvenir pour résister
La mémoire des homosexuels déportés n’est pas un sujet communautaire. C’est un sujet humain. Universel. Elle nous parle de ce que devient une société quand elle accepte de sacrifier certains de ses membres sur l’autel de la norme. Elle nous rappelle que l’amour, quand il sort du cadre, devient souvent suspect. Et qu’il n’y a rien de plus révolutionnaire, en certaines époques, que d’aimer.
Nous devons cette mémoire à celles et ceux qui sont morts sans jamais avoir eu le droit d’être pleurés. À ceux dont les noms n’ont jamais été gravés sur une stèle. À ceux qui furent déportés non pour avoir trahi, volé ou tué, mais simplement pour avoir aimé différemment.
Mais nous la devons aussi à ceux d’aujourd’hui. Aux jeunes LGBT+ qui grandissent dans des contextes hostiles. À ceux qui voient leurs droits se réduire, leurs corps devenir objets de débat, leurs vies réduites à des slogans. Leur dire : « Tu n’es pas seul. D’autres ont vécu, aimé, résisté. Et tu as une histoire. »
La mémoire comme acte d’amour
Il ne suffit pas de connaître l’histoire. Il faut la porter. La dire. La transmettre. Se souvenir des déportés homosexuels, ce n’est pas un devoir de mémoire, c’est un acte de justice. C’est refuser que l’humanité classe certains morts comme moins dignes que d’autres. C’est refuser que l’amour soit jamais un crime.
Dans un monde où l’on recommence à censurer, à haïr, à effacer, la mémoire devient un acte politique. Et un acte d’amour. Car elle dit : « Je te vois. Tu as existé. Ton amour avait une valeur. Et ta vie mérite qu’on s’en souvienne. »
“Souviens-toi, car ce que tu oublies, un jour, se vengera.”
Nous vous conseillons vivement le roman de Tom Huxley sur le sujet… à la limite du fantastique pour rendre moins horrible cette réalité, les faits sont là, implacables et terrifiants… Un travail de longue haleine pour Tom qui a fait des recherches durant deux longues années pour se documenter sur le sujet…
UN LIVRE CHOC QUI VA VOUS BOULEVERSER
DES DESTINS FORTS D’HOMMES HOMOSEXUELS DÉPORTÉS LORS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET TORTURÉS
LEUR VIE AMOUREUSE AVANT LA GUERRE… DES ROMANCES SOUVENT NAÏVES ET BELLES
DES FEMMES N’AYANT RIEN DEMANDÉ ET SE RETROUVANT DANS CE CAMP DE L’HORREUR
UNE HISTOIRE FLIRTANT AVEC LE FANTASTIQUE
UNE PLUME ADDICTIVE
UNE FIN SPECTACULAIRE QUE VOUS N’AURIEZ JAMAIS DEVINÉE
DES PERSONNAGES ATTACHANTS RECHERCHANT LEUR PASSÉ
UN THÈME JAMAIS TRAITÉ SOUS CET ANGLE FANTASTIQUE
DES FAITS ET NOMS DE SS RÉELS AFIN DE RAPPELER CE QUE NOS GOUVERNEMENTS ONT PEINE À RECONNAÎTRE
UN TRAVAIL DE MÉMOIRE QUE TOUT LE MONDE DEVRAIT FAIRE POUR NE PAS OUBLIER AFIN DE NE PAS RECOMMENCER
Résumé : Durant la 2ème guerre mondiale, de nombreux homosexuels sont déportés dans des camps, mais également dans des baraquements spécifiques ; dans ces baraquements où les bourreaux semblent avoir perdu pied, la torture et l’horreur ne sont pas des figurants. Perdu dans le nord de l’Allemagne, le camp S est particulièrement connu pour ses violences faites aux prisonniers. Ces derniers se réveillent chaque jour sans savoir qui sera le suivant et en ne pouvant se souvenir de ce qu’ils ont vécu les journées précédentes. Ne comprenant pas ce qui leur arrive et ne sachant plus même qui ils sont, la mémoire leur revient petit à petit et la certitude d’être manipulés par des SS, puis peut-être par des « scientifiques » d’ailleurs dont ils n’ont pas la moindre référence, va les plonger dans une spirale infernale. Chacun cherchant une issue à ce cauchemar, voire un moyen d’en finir, ils ne se doutent pas du dénouement de cette histoire et semblent se battre contre des forces semblant embrasser le diable en personne. Mais ce serait mal connaître l’humain, qu’attribuer tout ce qu’ils subissent à un ange déchu. Le dénouement qui les attend risque d’être à la hauteur de ce qu’ils ont vécu jusque-là.Et vous, ça vous dérange ou ça vous fait ni chaud ni froid ?
Connaissiez-vous ces faits ? Qu’en pensez-vous ? Répondez à ce petit sondage si le cœur vous en dit…
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