À Écueil Éditions, comme nous l’avons noté sur notre page d’accueil « Nous prônons la différence, quelle qu’elle soit, car plus que jamais, il est essentiel de le faire.« . Il est donc essentiel ici, que nous écrivions un article sur ce sujet qui, nous semble-t-il, est à la base de bien des chaos mais sommes-nous si intolérants à la base ? Naissons-nous raciste ou homophobes ou le devient-on ? Beaucoup se disent… et que ce soit dans la vie de tous les jours ou sur des groupes dit « tolérants » ouverts d’esprits… Mais la réalité semble bien plus nuancée que ça… Suivez les guides et abordez ces questions épineuses afin de cogiter un peu et de constater si vous êtes si tolérants que vous le prétendez ou le pensez…

Il existe, nichée au creux de chaque être, une singularité précieuse, un éclat particulier façonnant ce que nous sommes. Vouloir l’atténuer, la gommer, la nier sous prétexte qu’elle nous attire parfois moqueries, marginalisation ou rejet, serait une tragédie silencieuse. Car si la différence semble parfois un fardeau, elle est surtout une richesse inestimable, un trésor que nous portons en nous comme une signature divine.
Quand on travaille avec ceux que l’on nomme « différents », notre perception du monde se métamorphose. Ce que la majorité considère comme un obstacle devient alors un miroir, révélant les beautés insoupçonnées de l’existence. La « différence » cesse d’être une fracture ; elle devient une fenêtre, ouverte sur d’autres façons d’être, de ressentir, de rêver.

Tous égaux à la naissance ?
On aime à le proclamer : « Tous les hommes naissent égaux. »
Mais à bien y regarder, cette belle déclaration sonne souvent creux. Sur le papier, peut-être. Dans les cœurs, c’est une autre affaire.
L’égalité, dans son idéal, ne tient pas face à la réalité des regards, des préjugés, des exclusions. Suivant les critères retenus – couleur de peau, genre, orientation, origine sociale, capacité physique ou intellectuelle –, l’injustice suinte partout, comme une mauvaise herbe que l’on peine à arracher.
Et pourtant, l’humain, dans son essence même, est une matière noble. Une étoffe chatoyante tissée d’émotions, de rêves, de blessures et d’espoirs. À bien y réfléchir, cette diversité est notre plus grande richesse, un éclat rivalisant avec la lumière des astres. Alors pourquoi tant de crainte face à elle ? Pourquoi tant de violence parfois ?
La peur de l’inconnu : une vieille compagne
Depuis la nuit des temps, l’Homme a peur de ce qu’il ne connaît pas. L’histoire est jonchée d’exemples tragiques où, face à l’autre – l’étranger, l’inédit, l’inattendu –, la réaction instinctive fut l’hostilité plutôt que l’accueil.
Christophe Colomb n’a pas salué la découverte de nouveaux peuples avec bienveillance : il a vu des ennemis, des êtres à dominer, à écraser. L’inconnu suscite moins la curiosité que la terreur. Et quand la peur grandit, elle dégénère en rejet, en mépris, en annihilation.
Peut-être que là réside la faille profonde de notre humanité : notre incapacité à tolérer ce que nous ne comprenons pas immédiatement. Au lieu de tendre la main, nous brandissons l’épée. Au lieu d’écouter, nous réduisons au silence.

La mécanique de l’étiquetage
Il existe une pulsion étrange chez l’humain : le besoin irrépressible de catégoriser. De ranger. De mettre chacun dans une case rassurante. L’autre doit être « comme-ci » ou « comme-ça », pour qu’on sache comment l’aborder, comment le juger, comment s’en défendre.
Tant qu’un individu peut être étiqueté, il ne fait pas peur. Mais que surgisse quelqu’un qui échappe aux définitions faciles, et c’est tout notre édifice intérieur qui chancelle.
Pourquoi tant de frayeur face à l’indéfini ? Peut-être parce que, sans repères, nous nous retrouvons confrontés à notre propre vacuité, à nos propres incertitudes.

Un apprentissage brutal : la contamination des regards
Enfant, je n’avais pas conscience de ces clivages. J’ai grandi aux côtés d’une cousine trisomique, et jamais, jamais je n’ai songé à la considérer comme « différente ». À mes yeux, elle était même plus forte, plus vive, presque surnaturelle par certains aspects.
La pureté de l’enfance ne voit pas les failles où les adultes placardent leurs peurs. C’est seulement quand j’ai entendu, pour la première fois, un adulte lâcher le mot « mongol » avec ce ton glacial mêlant pitié et moquerie, que le doute s’est insinué en moi.
Ce doute, ce virus, propagé par ceux censés nous éduquer, nous élever, nous aplanit, nous déforme. Il nous apprend la méfiance, la condescendance, la peur du « différent ».
Avant cela, elle était mon rubis dans la nuit. Mon étoile étrange. Un joyau vivant qui me révélait que l’être humain peut être mille choses différentes sans jamais cesser d’être digne d’amour.
Et vous, ça vous dérange ou ça vous fait ni chaud ni froid ?

Quand naît la peur ? Quand meurt l’émerveillement ?
À quelle étape de notre croissance avons-nous cessé d’accueillir la différence avec émerveillement ? À quel moment avons-nous troqué la curiosité pour la crainte ?
L’éducation, certes. La culture. Les peurs ancestrales relayées par les regards en biais, les sous-entendus, les gestes esquivés.
Tout dans notre environnement social nous apprend à redouter ce qui ne nous ressemble pas parfaitement.
Et pourtant, quelle ironie ! Ce que nous fuyons pourrait être notre plus grande richesse. Ce que nous rejetons pourrait être notre salut.

La différence : un miroir pour se réinventer
Chaque être humain porte une brèche en lui, une ouverture par laquelle il peut grandir. La différence de l’autre est cette brèche.
La singularité d’autrui n’est pas une menace, mais une opportunité de nous voir autrement. Ce qui nous déroute chez l’autre est souvent ce qui manque en nous. Ce que nous refusons de comprendre est souvent ce que nous n’osons pas être.
Plutôt que de chercher à intégrer de force ce qui déborde, à lisser ce qui dépasse, nous devrions nous émerveiller devant ces excès, ces incongruités, ces éclats d’humanité qui échappent aux normes.

Choisir d’admirer plutôt que de redouter
Être adulte, ce n’est pas oublier l’émerveillement. Ce n’est pas se barder de certitudes et de peurs.
C’est apprendre à regarder l’autre avec des yeux lavés, des yeux d’enfant dans un cœur d’adulte.
Quand nous croiserons quelqu’un d’ »autre », quelqu’un qui détonne, qui déroute, plutôt que de nous demander s’il nous ressemble, posons-nous une autre question : « Qu’est-ce qui le rend si singulier ? Quel éclat porte-t-il que je n’ai pas encore su découvrir ? »
La différence n’est pas une menace pour notre cohésion. Elle est ce qui, par contraste, donne du relief à notre humanité commune. Sans elle, nous ne serions qu’une pâle copie les uns des autres.

Pour conclure : un appel à la vigilance bienveillante
À nous tous, à nous adultes, éducateurs, passeurs d’histoires et d’expériences, il revient une lourde responsabilité : celle de donner une place d’honneur à la différence dans nos sociétés. Non pas comme une tolérance froide, distante, condescendante, mais comme une célébration sincère.
À nous d’enseigner aux enfants non pas à avoir peur de ce qui les dérange, mais à s’approcher, à interroger, à aimer.
À nous de leur montrer qu’il n’y a pas de norme gravée dans le marbre, que la beauté se niche aussi dans les failles, dans les fêlures, dans les éclats dissonants.
La différence n’est pas un défi à surmonter.
C’est une force. Une promesse. Une chance.
Alors la prochaine fois que l’autre ne nous ressemble pas, souvenons-nous :
Ce qu’il est complète ce que nous sommes.

Nos romans prônent tous une différence… tels que :














Et bien d’autres…
Blogs d’Écueil Éditions
@écueiléditions https://assocecueileditions.com/
N’hésitez pas à vous exprimer…
