Coming in…


Ah le fameux coming out ! Celui-là, on en parle, on le décortique, on l’étudie à la loupe. Il a eu droit à des films, des romans, des séries, des articles de magazines qui débordent de bons sentiments et de conseils pas toujours très inspirés. On l’ausculte sous tous les angles, du discret « glissé à la pause café » au spectaculaire « révélé à toute la famille à la fin du repas, entre le fromage et la tarte aux pommes ».

On pourrait presque croire que c’est la seule chose qui compte dans la vie d’une personne gay : ce fameux jour J, ce moment attendu, scruté, fantasmé, parfois redouté. Le coming out est devenu une sorte de passage obligé, presque un rite initiatique moderne. La grande scène. La révélation. Et tant pis si derrière cette révélation, parfois, c’est un vide béant qui suit.
Mais qui parle vraiment du coming in ? Ce terme si discret, presque chuchoté, et pourtant tellement plus crucial à mes yeux. Car sans coming in, mes chéris, inutile d’espérer un coming out réussi. C’est comme vouloir faire le grand saut sans même savoir si le parachute est dans le sac. Bonne chance.
Et pourtant, dans nos sociétés où l’on se gargarise de tolérance, où l’on prêche à tout-va la bienveillance et l’inclusion, personne ne semble s’intéresser vraiment à ce moment fondamental : de s’accepter soi-même.

Mais au fait, c’est quoi le coming in ?

La question peut paraître simple, elle est pourtant vertigineuse. Le coming in, c’est ce moment où, face à soi-même, dans l’intimité la plus silencieuse, on se dit : « Oui, je suis comme ça. Et c’est très bien. » Pas de projecteurs. Pas de témoin. Juste soi, son reflet dans le miroir et cette vérité, parfois lourde, parfois libératrice, parfois les deux.
C’est la première étape. Et de loin la plus importante. Car comment pourriez-vous dire aux autres « Voilà qui je suis » si vous-même vous ne le savez pas encore ? Ou pire, si vous le savez mais que vous le refusez ?
On peut faire un coming out sans avoir fait son coming in, bien sûr. Certains le font sous la pression, pour faire plaisir, pour soulager l’entourage, ou même pour se donner le sentiment d’être un bon petit soldat de la visibilité. Mais à l’intérieur, ça ne tient pas. Ça sonne creux. Et souvent, ça explose plus tard, dans la solitude ou la tristesse. Dans la détresse le plus souvent…

Les dégâts du non-coming

J’ai croisé — et aimé — plus d’un garçon qui n’avait pas fait ce travail-là. Et croyez-moi, ce n’est pas sans conséquence. Ce sont des relations entières qui en pâtissent. Quand l’un doute encore de lui-même, fuit à la moindre émotion, baisse les yeux face à l’affection, il devient bien difficile d’écrire une belle histoire à deux.
J’ai vu mon Loulou s’effondrer, à l’époque, sous le poids de cette dissonance. Cet air perdu qui voulait dire : je t’aime bien mais je ne m’aime pas. Triste, non ? C’est comme vouloir construire une maison sans fondations : joli sur Instagram, mais dès la première tempête, tout s’effondre.
Et, entre nous, la tempête n’est jamais bien loin.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Parce qu’on ne naît pas dans le monde d’Amélie Poulain ou de l’Eurovision. On naît encore dans une société où la différence fait peur, où la normalité est brandie comme étalon ultime, où les regards scrutateurs, les sous-entendus lourds, et les ricanements dans la cour d’école sont encore bien là.
Et puis, disons-le franchement : les vieux réflexes judéo-chrétiens ont la peau dure. L’amour du prochain ? Très bien. Mais pas s’il est du même sexe, hein. Soyons sérieux.
Et cette hypocrisie se faufile partout, même dans les familles les plus aimantes, même dans les écoles les plus modernes, même dans les films qu’on croit progressistes. Elle s’infiltre dans les blagues douteuses à table, dans les pubs où les couples restent, malgré tout, majoritairement hétéros. Et quand par miracle, on voit deux garçons se tenir la main à l’écran, c’est pour mourir tragiquement avant la fin (merci Hollywood).

L’environnement : cette jungle bien-pensante

Ce coming in demande donc un environnement propice. Pas forcément un tapis rouge ou une haie d’honneur. Juste un peu d’air. Un espace où l’on puisse être soi, sans avoir l’impression de décevoir, de choquer, ou de déclencher une crise d’apoplexie chez Tante Georgette.
Et surtout, il demande du temps. De la patience. De la bienveillance. À commencer par soi-même. Parce que l’on est souvent son propre pire juge. Et avant même que le monde extérieur ne nous tape dessus, nous avons parfois déjà passé des années à nous infliger la sentence.
Accepter son homosexualité, ce n’est pas seulement accepter d’aimer un autre garçon ou une autre fille. C’est aussi accepter tout ce que cela entraîne : les regards, les clichés, les peurs, les possibles rejets. Cela demande du cran, mais surtout, ça demande d’arrêter de croire qu’on est un problème.
Parce qu’on ne l’est pas.

L’influence de la pop culture

Heureusement, le paysage a un peu changé. Depuis quelques années, quelques héros sont venus illuminer ce chemin sinueux. Je pense à Call Me by Your Name (et sa pêche devenue mythique), à Heartstopper, à certains films d’Almodóvar, à Didier Eribon, qui a mis des mots d’une justesse folle sur ce tiraillement intérieur dans Retour à Reims.
Mais aussi charmants soient-ils, ces personnages restent souvent jeunes, blancs, minces, et relativement bien intégrés. Le gay marginal, le vieux gay, le gay de campagne, le gay racisé, restent souvent relégués au second rôle, si tant est qu’ils aient le droit d’entrer en scène.
Alors ceux-là, pour leur coming in, c’est encore plus compliqué. Ils ne se voient nulle part. Ni dans les pubs, ni dans les films, ni dans les séries. On les oublie. On les nie. Et pourtant, ils existent.

Quand l’humour devient arme et bouée de sauvetage

Alors, dans ce désert de représentations et de modèles, il reste une arme, précieuse, salvatrice : l’humour.
L’humour, cette petite distance, ce clin d’œil discret, cette façon de dire : je souffre, mais je choisis de le faire en riant. Pas pour masquer la douleur, mais pour ne pas lui laisser le dernier mot.
Dans ma propre histoire, je n’aurais jamais tenu sans lui. C’est grâce à l’humour que j’ai affronté les regards de travers, les silences gênés et les petits jugements malhabiles. C’est grâce à lui que j’ai pu désamorcer des situations impossibles, et que, parfois, j’ai même réussi à toucher là où on ne m’attendait pas.
Oui, le coming in passe aussi par cette capacité à rire de soi, non pas par honte, mais par amour. Rire de ses maladresses, de ses peurs, de ses premières fois catastrophiques (et Dieu sait si elles le sont souvent).

Se choisir enfin

Faire son coming in, c’est se choisir. C’est choisir d’être son propre allié. Son propre refuge. C’est accepter que l’on n’a pas à être parfait, ni même conforme, mais juste vrai. Et si le monde autour rechigne à vous tendre la main, qu’importe. On la tendra à soi-même. On construira son îlot. On y accueillera celles et ceux qui le méritent. Et on dansera dessus, en riant, même sous la pluie.
Car, vous le savez, ceux qui rient sous la pluie ne sont pas plus mouillés que les autres. Ils sont juste plus heureux.

Et après?

Alors oui, le coming out viendra. Et il sera d’autant plus beau, d’autant plus solide, que le coming in aura été fait. Avec ou sans fracas. Avec ou sans grandes annonces.
Parfois, il se fera autour d’un café, sans mise en scène. Parfois en se trompant de SMS et en envoyant “Je t’aime” à la mauvaise personne (histoire vécue). Parfois, il n’aura même pas besoin d’exister parce que le simple fait d’être là, tel que vous êtes, suffira.
Mais ce jour-là, si vous vous êtes déjà dit à vous-même : je m’accepte, alors vous serez armé. Pas invincible, mais solide.
Et croyez-moi, c’est déjà énorme.
Alors oui, rêvons un peu : peut-être qu’un jour le coming in ne sera plus nécessaire. Qu’il n’y aura plus besoin de passer par cette case solitaire, parfois douloureuse, parfois éclairante. Peut-être qu’un jour, chaque individu — qu’il soit homo, bi, trans, queer, ou simplement en décalage avec la norme — n’aura pas à faire cette gymnastique intérieure pour s’aimer. Ce jour-là, on pourra ranger ce mot dans les archives du vocabulaire militant. Une belle relique. Une curiosité du passé.
Mais… nous n’y sommes pas encore.
Et ce serait mentir que de prétendre le contraire. Le monde n’est pas si prêt. Il se déguise, il s’adoucit en façade, il repeint ses murs avec des arc-en-ciel pendant la Pride, il glisse deux lesbiennes dans une pub pour des yaourts, il fait mine de comprendre. Mais le fond, lui, n’a pas tout à fait changé. Il est encore pavé de non-dits, d’injonctions hétérocentrées, de moqueries ordinaires, de regards en coin et de silences lourds à Noël.
Alors, pour l’instant, le coming in reste incontournable. Et tous les garçons, toutes les filles, toutes les personnes LGBTQIA+ qui se sentent perdu·e·s dans le brouillard, embourbé·e·s dans le doute, doivent y passer. Ce n’est pas une étape qu’on coche. C’est un chemin. Un voyage intérieur. Un face-à-face.

Se choisir avant tout…

C’est un labeur, oui. Un travail intime, silencieux, parfois long. Une ascension. Pas vers les projecteurs, pas vers l’applaudissement ou la reconnaissance. Vers soi. Et c’est souvent ça le plus dur : se reconnaître dans le miroir, s’apprivoiser, se réconcilier avec ses désirs, avec ce corps qui parfois ne répond pas aux attentes, avec cette part de nous qu’on nous a appris à juger ou à taire.
Mais regardons-le autrement, ce labeur : c’est aussi un éveil. Une source de lucidité. Une ouverture d’esprit rare. On commence en pensant faire le ménage dans son orientation sexuelle, et puis sans s’en rendre compte, on revoit toute la maison. Le toit, les fondations, la plomberie mentale, les meubles de nos valeurs.
Parce que le coming in, ce n’est pas juste dire “je suis gay”. C’est dire : voilà qui je suis, voilà ce que je veux vivre, voilà la personne que je veux être, et tant pis si ça ne rentre pas dans les cases prévues par les manuels de morale ou les plans de carrière parentaux.

Une maturité accélérée

Franchement, si un jour les scientifiques cherchent les populations les plus introspectives de la planète, ils tomberont forcément sur nous. Les gays, les lesbiennes, les trans, les non-binaires. On pense, on doute, on remue tout, on se remet en question vingt fois avant de s’acheter un tee-shirt. Tout est passé au crible. On devient philosophes malgré nous. Une psychanalyse ambulante. On pourrait presque faire des TED Talks entre deux cafés.
Et cette maturité-là, elle n’est pas donnée. Elle se forge dans la douleur, parfois dans la honte, souvent dans le silence. Mais une fois acquise, elle est une force. On a traversé ce que d’autres fuient toute leur vie : la confrontation avec soi-même.
Alors quand on croise plus jeune que soi, en train de faire ce chemin-là, comment ne pas tendre la main ?

Être le relais

Il m’est arrivé, plus d’une fois, de devenir ce relais. Ce témoin d’une autre étape. Le confident improvisé d’un jeune qui balbutiait encore ses premiers mots de vérité. Et à chaque fois, mon cœur faisait un grand écart entre la tendresse et la colère.
Tendresse pour cette personne en devenir, vacillante, mais courageuse. Et colère contre le monde qui rend cela encore nécessaire, encore difficile.
Alors oui, j’ouvre les bras. Et je dis : viens, viens tel que tu es, même si tu ne sais pas encore qui tu es. Je montre, par ma simple présence, que l’on peut vivre sa vérité et être debout. Rire. Aimer. Exister sans s’excuser.
Parce que je sais que pour lui, pour elle, ce n’est pas encore acquis.
Et parfois, une simple parole bienveillante, une discussion autour d’un verre ou un fou rire partagé peut transformer un parcours. Créer un repère. Une lumière dans la brume.

Ce qu’on laisse derrière

Mais soyons honnêtes : il y a un prix à payer. Le coming in, parfois, c’est un désenvoûtement. Il faut regarder les siens et comprendre qu’ils ne sont pas ceux qu’on espérait. Il faut reconnaître qu’un père peut aimer “à condition de” et qu’une mère peut pleurer non pas de compassion mais de déception.
Il faut couper certains liens. Ou les laisser s’effriter. Et ça, c’est violent. Rien ne prépare à ça. Surtout quand on a été élevé dans la croyance que la famille, c’est sacré, que le sang lie tout, que l’amour est inconditionnel.
Newsflash : non. Ce n’est pas toujours le cas.
Et parfois, pour être libre, il faut trahir le mythe. Dire non à l’amour qui étouffe. Dire non aux valeurs qui détruisent. Et s’autoriser à renaître ailleurs. Dans d’autres bras, d’autres amitiés, d’autres rêves.
Oui, c’est dur. Mais c’est salvateur.
Car le seul être avec qui vous passerez 100% de votre vie, c’est vous-même. Alors autant commencer par vous respecter.
Ce qu’on gagne
Et ce qui vient ensuite… Oh, mes chéris. Ce qui vient ensuite, c’est une libération. Un espace nouveau. Une respiration.
Ce n’est pas un conte de fées — personne ne vit en tutu sous un arc-en-ciel avec des licornes en fond sonore. Mais c’est réel. On se met à aimer vraiment, non pas pour remplir un vide ou coller à un modèle, mais parce qu’on aime librement. On désire sans honte. On construit sans masque.
Et quand l’amour arrive — le vrai, pas la pâle copie —, il ne fait plus peur. Il ne vient pas déranger un équilibre précaire. Il vient s’ajouter à une solidité déjà en place.
Il ne guérit pas, il accompagne.
Et oui, même si l’âge fera ce qu’il a à faire (je ne vous cache pas que les abdos fuient plus vite que les cheveux blancs arrivent), il restera ce qui compte vraiment : la tendresse. L’humour. La complicité. Ce regard dans le lit un peu défait, après l’amour, ou juste avant un café, où l’on se dit : “Je suis là. Et toi aussi. Et c’est exactement là que je veux être.”

Devenir le clown triste… mais vivant

On ne guérit pas de tout. On garde des traces. Des fissures. Des peurs anciennes. Mais on apprend à en faire quelque chose. À les sublimer. À en rire.
Je me souviens de cette phrase de Romain Gary : “L’humour est une déclaration de dignité.” Et je n’ai jamais cessé d’y croire. Même dans les moments les plus sombres, j’ai su que si je pouvais rire de moi-même — pas par dérision, mais par amour —, alors rien ne m’écraserait tout à fait.
C’est aussi ça, le coming in. C’est cette transformation lente et invisible qui fait de nous des êtres parfois cabossés, mais terriblement vivants.

Et maintenant ?

Maintenant ? On continue. On tend la main aux suivants. On reste vigilants, lucides, tendres. On ne devient pas ces vieux gays amers, planqués derrière leur cynisme. On ne juge pas ceux qui doutent. On ne rit pas de ceux qui n’osent pas encore.
On leur montre, avec patience, qu’il est possible de s’aimer. Même si on a été élevé pour se haïr.
Et un jour, qui sait… un jour peut-être, on n’aura plus besoin de ce chapitre. On parlera d’amour sans adjectif, de désir sans épithète, de genre sans angoisse.
Mais en attendant, on le raconte. Parce que les mots peuvent guérir. Ou du moins, aider à avancer.
Après tout ça, me direz-vous, qu’est-ce qu’on devient ? Une fois qu’on a fait ce fameux coming in, qu’on s’est réconcilié avec soi-même, qu’on a embrassé sa tendresse, ses désirs, sa part fleur bleue, qu’est-ce qui change ?
Eh bien… tout. Et rien à la fois. Le monde ne se métamorphose pas sous vos yeux. Les boulangeries ne vous offrent pas de croissants gratuits. Vos voisins ne vous applaudissent pas dans la cage d’escalier pour votre courage identitaire. Mais quelque chose d’invisible se passe : vous tenez debout autrement.
Plus ancré. Plus calme. Moins friable. Moins dans le besoin de validation. Et ça, c’est déjà une révolution silencieuse.

Une colonne vertébrale en mousse, mais solide

Ce que le coming in vous donne, c’est une colonne vertébrale intérieure. Pas une de ces armatures rigides et militantes, prêtes à en découdre avec la Terre entière à coups de slogans. Non. Une autre sorte de solidité. Plus moelleuse. Plus souple. Une solidité faite de doutes apprivoisés, d’angoisses digérées, de deuils surmontés.
On devient un peu comme ces vieux fauteuils vintage qu’on n’oserait jamais jeter : plein de cicatrices, mais tellement confortables. Et c’est là que la magie opère : vous devenez quelqu’un avec qui il fait bon vivre. Pour les autres. Et surtout pour vous-même.
Parce qu’aimer, oui, c’est beau. Mais s’aimer, sans condition, sans performance, sans miroir déformant, c’est le plus grand luxe. Et ça change votre manière de tout vivre : l’amour, l’amitié, le sexe, les ruptures, le silence, l’ennui, les soirées en solo.

L’indépendance affective : le Graal

C’est un mot qu’on entend souvent : l’indépendance affective. Généralement dit avec un petit ton docte dans les podcasts ou les vidéos de développement personnel. Mais au fond, c’est quoi ?
C’est le fruit direct du coming in bien fait. C’est ne plus avoir besoin de séduire pour exister. C’est ne plus entrer dans une relation pour combler un vide, mais pour partager un trop-plein. C’est ne plus paniquer quand l’autre ne répond pas tout de suite à un message. C’est se coucher seul un vendredi soir, non pas avec une boule dans le ventre, mais avec un sourire dans le cœur.
C’est savoir qu’on est déjà entier. Et que tout ce qui vient en plus, c’est du bonus. De la cerise sur le gâteau. Pas le gâteau lui-même.
Et franchement, Loulous… quelle liberté.

La sagesse, ça ne plaît pas à tout le monde

Mais il y a une chose à savoir, et elle est importante : toutes les personnes autour de vous ne supporteront pas forcément votre paix intérieure.
Ça peut sembler étrange, mais c’est vrai. Certains amis, certains partenaires même, se sont habitués à votre ancienne version. Celle qui doutait, qui s’excusait, qui se pliait. Ils avaient trouvé un certain confort dans vos hésitations, une place dans vos failles.
Et quand vous changez, quand vous vous affirmez en douceur, sans cris ni drames, vous leur retirez leur miroir déformant. Vous les obligez à se regarder eux-mêmes. Et parfois, ça ne leur plaît pas.
Résultat ? Ils s’éloignent. Vous en voulez ? Un peu. Mais en réalité, c’est une bénédiction. Car dans cette mue invisible, vous commencez à attirer d’autres personnes. Des gens solides. Des gens vrais. Des gens qui ne sont pas là pour vous sauver, mais pour marcher à vos côtés.
Et là encore, mes chéris… ça change la donne.

La joie comme choix

Une chose que l’on découvre aussi — et qui peut surprendre — c’est que la joie devient un choix.
Non pas une joie artificielle, façon gourou du bonheur toxique. Mais une joie consciente, lucide. On sait que le monde est parfois dur. Que les discriminations existent. Que les nuits sont longues. Mais on choisit, malgré tout, de rire, de chanter, de faire des blagues douteuses en pyjama, de danser au milieu du salon avec un peignoir et une cuillère en bois.
Et c’est cette légèreté-là — qui n’est jamais naïve — qui devient notre phare.
Le coming in ne fait pas de nous des surhommes. Il fait de nous des humains… moins crispés, moins en guerre avec nous-mêmes. Et c’est déjà énorme.

Et le sexe, dans tout ça ?

Ah, le sexe. Parce qu’on ne va pas se mentir : c’est aussi un pan entier de la construction identitaire. Et lui aussi change après un bon coming in.
Fini les performances anxieuses. Fini les rôles préfabriqués. On sort du catalogue. On sort du schéma “actif / passif / versatile” comme d’un magasin de déguisements.
On commence à explorer, à oser dire ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas. On cesse de “faire ce qu’on pense qu’on doit faire” pour entrer dans ce qu’on a vraiment envie de vivre.
Et surtout — surtout ! — on se permet la tendresse au lit. Ce grand tabou chez tant de garçons. Cette caresse après l’orgasme. Ce regard sans sous-entendu. Ce silence apaisé. Parce qu’on n’a plus peur de passer pour faible. Parce qu’on sait que la vraie force, c’est de pouvoir se relâcher sans craindre d’être abandonné.

Le vrai coming in n’est jamais fini

Et puis, il faut le dire aussi : le coming in est un processus permanent. Ce n’est pas une case qu’on coche une fois pour toutes. Ce n’est pas une ligne droite. C’est un chemin sinueux, ponctué de retours en arrière, de petites régressions, de rechutes parfois.
Il y a des jours où tout semble évident. Et d’autres où l’on se surprend à douter à nouveau. À se comparer. À vouloir être quelqu’un d’autre. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas un échec. C’est la vie.
Mais chaque fois qu’on revient à soi, qu’on se prend dans ses propres bras — même métaphoriquement —, chaque fois qu’on se dit “Je m’aime quand même”, on avance un peu plus.
Et un jour, sans s’en rendre compte, on réalise qu’on n’a plus honte. Plus besoin de se justifier. Plus besoin de convaincre. On est. Point.

La dernière révélation

Et la plus belle révélation de toutes, peut-être, c’est celle-ci : ce travail que vous avez fait pour vous-même bénéficie aussi aux autres.
Vous devenez un exemple, sans le vouloir. Un modèle, sans prétention. Une preuve vivante qu’on peut survivre au doute, à la peur, au rejet. Qu’on peut traverser tout ça et en ressortir avec le sourire, un cœur un peu cabossé mais solide, et un regard tendre sur le monde.
Et croyez-moi, en ces temps où l’on confond force et dureté, où l’on élève la violence en mode de communication, être doux, c’est une forme de résistance.

Le mot de la fin

Alors voilà, mes Loulous. Le coming in, ce n’est pas juste un passage. C’est une transformation. Une révolution silencieuse. Une naissance lente mais profonde.
Et quand on l’a traversée — ou qu’on est en train de le faire —, on comprend que ce n’était pas seulement pour soi. C’était pour créer, un jour, un monde où peut-être, les prochains n’auront même plus besoin de le faire.
Mais en attendant, on continue. On vit. On aime. On rit. On doute parfois. Mais surtout… on s’aime un peu plus chaque jour.
Et ça, c’est déjà tout un programme.

Et vous qu’en pensez-vous ?

UN LIVRE QUI PARLE TRÈS BIEN DU COMING IN QUE JE NE PEUX QUE VOUS CONSEILLER… Découvrez ce roman dépaysant et sexy se pensant en Écosse…

Blogs d’Écueil Éditions

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N’hésitez pas à vous exprimer…

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Publié par tomhuxleyauteur

Enfant, j'imaginais déjà des histoires pleines de personnages hauts en couleurs, que je racontais à tous ceux qui croisaient ma route. Depuis lors, j'ai fait évoluer mes récits, les rendant plus complexes, et les partageant ainsi avec un public plus large. En tant que narrateur, je tire profit de mon imagination et mon sens créatif pour raconter des histoires captivantes et divertissantes. C'est tout naturellement que je me suis porté vers l'érotisme et la sensualité. Sans tomber dans la vulgarité je préfère la poésie plutôt que d'être trop explicite. Même si de nombreuses scènes torrides vous feront à n'en pas douter, avoir des sueurs. Je décris les désirs sexuels comme des personnages à part entière et je les laisse évoluer au gré des situations.

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