Avant de crier au scandale et la censure de la liberté d’expression pour les lecteurices… Lisez la totalité de cet article et n’oubliez qu’il s’adresse avant tout à une catégorie de lectorat sans scrupule, voire néfaste n’hésitant pas à utiliser des outils disponibles par les plateformes tout aussi discutables que leurs comportements….
Il y a un bruit qui fait plus mal qu’un cri. C’est le silence. Le silence glacial d’un « 1 étoile » lâché comme une gifle muette sur un roman qu’on a mis des mois, des années à écrire. Ce 1, ce 2, ce 3 étoiles donnés sans une ligne d’explication, sans un mot, sans un soupir, juste la sentence froide et muette d’un doigt qui clique, anonyme, planqué, parfois même vicieux.
Se cacher derrière un pseudo grotesque, une initiale, une image floue pour distribuer des étoiles comme des sanctions, c’est à nos yeux l’un des gestes les plus lâches et toxiques que l’on puisse poser dans le monde littéraire. Ce n’est pas une critique, ce n’est pas un avis, ce n’est pas un retour. C’est un coup de lame dans le dos, souvent donné par des gens qui n’ont même pas lu le livre, ou alors à peine, ou alors avec une envie dissimulée de nuire. Pas une frustration littéraire, non. Une frustration existentielle.
Qu’on se le dise : nous ne parlons pas ici des critiques construites, argumentées, même sévères, même dures, mais justes, honnêtes, intelligentes. Non. Nous parlons de ces étoiles balancées sans justification, qui dégomment une moyenne comme un crachat sur une vitre propre. Et c’est là que l’hypocrisie des plateformes entre en jeu.
Prenons Amazon. Il n’est pas rare de voir des dizaines de lecteurs enthousiastes écrire des commentaires lumineux — mais que se passe-t-il ? Ces commentaires, souvent, n’apparaissent pas immédiatement. Parfois, ils sont modérés, retardés, filtrés, sous prétexte de validation. À l’inverse, la moindre étoile négative, même sans un mot, est publiée quasi instantanément, comme s’il s’agissait d’une vérité inattaquable. C’est là que le système révèle son biais profond : l’étoile punitive est valorisée, visible, rapide, alors que l’étoile bienveillante est soupçonnée, ralentie, contrôlée.
C’est marketing. C’est du cynisme déguisé en neutralité. Parce qu’un produit noté « 4,8 » semble plus crédible qu’un « 5,0 ». Parce que la tension attire. Parce qu’un soupçon d’acide vend mieux qu’un torrent de miel. Amazon, la plus grande vitrine du monde, soutient « involontairement » cette culture du défouloir anonyme, en donnant plus de poids à ceux qui cliquent pour punir qu’à ceux qui prennent le temps d’aimer.
Et ne croyez pas que ce sont des cas isolés. Prenez l’exemple de YUKON de Tom Huxley. Lors de sa sortie, les premiers jours sont cruciaux : il faut que les commentaires affluent pour déclencher l’algorithme. Et que s’est-il passé ? Un an plus tard — un an ! — Amazon réactualise le compteur, passant de 80 à 174 commentaires. Imaginez les ventes perdues, les lecteurs découragés par une fausse impression de silence. YUKON a eu la force d’exister, de devenir un succès. Mais combien d’autres romans n’auront jamais cette chance, simplement parce que l’algorithme a freiné la lumière ?
La vérité, c’est que cette notation brutale, sans obligation de commenter, est le poison lent de l’écosystème littéraire indépendant.

Soyons clairs : cette dynamique n’est pas neutre. Elle reflète une société malade de son propre rapport à la communication. On ne sait plus discuter, on ne sait plus exprimer, on juge, on zappe, on sanctionne. Comme on « like » une photo sans la regarder, on met « 1 étoile » pour un ressenti, un préjugé, une pulsion. Parce que l’auteur a un style qu’on n’aime pas. Parce qu’il a eu trop de compliments. Parce qu’on le trouve prétentieux. Parce qu’on le jalouse.
Certain·e·s mettent 1 étoile pour saboter. Pour empêcher un livre de monter dans les classements. Pour pénaliser un·e auteurice qui gagne en visibilité. Parce qu’il ne faut surtout pas qu’un nouveau talent fasse de l’ombre aux anciens, ceux qui ronronnent dans leur succès passé, mais n’ont plus grand-chose à dire.
C’est une guerre mesquine, silencieuse, une guerre de territoire algorithmique. Une guerre de l’ombre.

Et parlons aussi de ces gens qui sanctionnent pour des raisons grotesques :
– « Il y avait une coquille page 123. »
– « J’ai pas aimé le prénom du personnage. »
– « Trop de descriptions. »
– « Le livre est arrivé plié. »
– « J’ai acheté un livre numérique par erreur. »
Un monde où on punit un·e auteurice pour la faute d’un transporteur ou la fragilité d’une couverture, est un monde délirant.
Mais voilà, nous vivons dans un monde où tout doit être classé, évalué, noté, souvent sans effort intellectuel. Un monde où l’on préfère abattre un livre d’un clic plutôt que de prendre trois minutes pour expliquer pourquoi on n’a pas aimé. Un monde où donner son avis en une phrase assassine passe pour de la liberté d’expression. Ce n’est pas de la liberté, c’est de la paresse cruelle. À Écueil Éditions, nous ne sommes pas favorables à la notation par étoiles. Pas parce que nous refusons la critique — au contraire — mais parce que nous pensons que le lecteur·ice peut faire mieux que ça. Parce qu’une note n’est jamais objective. Parce qu’on ne résume pas des mois de travail, de doute, de réécriture, de passion, à une étoile sans visage.
Certains pays ont aboli les notes à l’école pour cette raison. Parce qu’elles blessent plus qu’elles n’évaluent. Parce qu’elles ne reflètent ni le chemin, ni l’effort, ni l’intention.
Pourquoi ne pas faire pareil pour les livres ?
Obliger à écrire un commentaire pour valider une note. Forcer l’avis à se formuler. Obliger le jugement à se structurer. Ce serait une réforme simple, juste, efficace. Elle couperait court aux pulsions destructrices. Elle obligerait les gens à penser avant de nuire. Mais évidemment, demander cela serait vu comme un obstacle, une gêne. Dans un monde où tout va trop vite, où on scrolle plus qu’on réfléchit, noter est devenu un réflexe pavlovien. Et penser est devenu subversif.

Cette question est bien plus qu’une querelle d’auteur vexé. C’est un symptôme social. Et c’est un enjeu littéraire. Car ce système décourage les jeunes plumes, brise les élans fragiles, sabote les commencements.
Combien d’auteurs et d’autrices n’ont jamais osé continuer après un 1 étoile ? Combien ont été dissuadé·e·s par une mauvaise note tombée comme une guillotine sur leur premier roman ?
À celles et ceux qui continuent malgré tout, nous disons ceci :
Tenez bon. Votre travail ne se mesure pas à des étoiles. Il se mesure à la trace laissée dans un cœur, dans une mémoire, dans une nuit blanche de lecture.
Et à celles et ceux qui mettent 1 étoile sans mot, planqué·e·s derrière un pseudo ridicule, nous disons :
Ayez au moins le courage de vos opinions. Écrivez. Expliquez. Dites-nous ce qui vous a dérangé. Pas pour vous justifier — mais pour nous permettre de vous entendre.
Parce que nous ne craignons pas la critique. Nous craignons seulement le vide. Le silence méprisant. La violence passive. Le clic vengeur.
Ce n’est pas une note que vous laissez. C’est une trace dans l’algorithme. Et parfois, cette trace étouffe un livre qui ne demandait qu’à vivre.

Un système déséquilibré : pas de parole pour les créateurices
L’une des plus grandes injustices du système actuel, c’est qu’il autorise les notes punitives sans aucun mot, sans justification, sans responsabilité. Sur Amazon — comme sur d’autres grandes plateformes de vente en ligne — il est tout à fait possible de mettre 1 ou 2 étoiles à un livre sans écrire une seule ligne. Juste une note. Froide. Anonyme. Dévastatrice.
Aucune plateforme ne viendrait à l’idée de laisser un client mettre une étoile à un hôtel ou un restaurant sans en expliquer la raison. Sur TripAdvisor, Airbnb ou Google, il faut un commentaire. On peut, à tout moment, cliquer pour lire le contexte. Et surtout : les propriétaires peuvent répondre.
Mais sur Amazon, l’auteur·ice est muet·te. Aucun droit de réponse. Aucune explication à fournir par celui ou celle qui a noté. L’avis négatif plane comme une sentence irrévocable, sans procès, sans voix pour la défense. Une étoile suffit à écraser des semaines de travail, voire tuer un élan d’écriture, sans que personne ne sache pourquoi.
C’est un déséquilibre structurel :
👉 Le lecteur peut sanctionner sans parler.
👉 L’auteur ne peut ni comprendre, ni répondre.
On appelle ça l’asymétrie du pouvoir algorithmique. Et c’est précisément cette asymétrie qui rend le système toxique. On ne juge plus une œuvre. On annule un livre. On dérobe la possibilité d’un dialogue.
Et ce n’est pas un simple oubli ou une négligence. C’est une stratégie pensée, raffinée, industrielle.
En permettant aux utilisateurs de noter sans réfléchir, sans formuler, sans structurer une pensée, on appauvrit lentement leur capacité d’analyse. (En un mot, on rabaisse le QI qui ne se porte déjà pas très bien et cela va empirer avec l’IA) On décourage l’effort intellectuel. Pourquoi argumenter, pourquoi nuancer, pourquoi peser ses mots, quand un clic suffit ? Et ce glissement n’est pas neutre : c’est une régression cognitive encouragée, presque programmée.
Car il faut bien le dire : moins les gens réfléchissent, plus ils consomment. Un esprit critique ralentit l’acte d’achat. Un esprit habitué à lire, à rédiger, à comparer, à questionner, n’achète pas compulsivement. Il hésite. Il résiste. Mais un utilisateur abreuvé de raccourcis, de boutons, de clics, un utilisateur que l’on n’incite plus à écrire mais juste à « noter », devient un acheteur idéal : rapide, impulsif, émotionnel.
Et voilà le cœur du système :
👉 En supprimant le langage, on désactive la pensée critique.
👉 En facilitant la sanction, on encourage la pulsion.
👉 En valorisant l’immédiat, on crée du profit.
Ce n’est pas un bug. C’est un modèle. Un modèle qui ne veut pas de lecteur·ice éclairé·e, mais de consommateurs dociles, réactifs, standardisés.
Amazon, comme d’autres géants, n’a aucun intérêt à ce que les utilisateur·ices prennent le temps de formuler une réflexion. L’interface elle-même, l’ergonomie, les incitations, tout est fait pour que l’on note sans se poser de questions. Un clic, et c’est fini. La pensée, elle, n’a même pas été invitée.

10 raisons idiotes (mais réelles) pour lesquelles des lecteurs mettent 1 étoile à un livre
Bien sûr ici, nous parlons des gens malhonnêtes et malintentionnés…
- « Le colis est arrivé abîmé. »
Parce qu’évidemment, l’auteur·ice contrôle les transporteurs depuis sa cuisine. - « Le personnage principal s’appelle Kevin. »
On ignore encore pourquoi cela déclenche tant de rage. - « C’était écrit au présent. Je déteste ça. »
Pas le temps de réfléchir à l’histoire, la grammaire d’abord ! - « Je n’ai pas aimé la couverture. »
Ce qui revient à noter un vin pour la couleur du bouchon. - « Trop de descriptions. »
Mais sinon, tout le reste, c’était bien ? Ah non, on ne saura jamais, pas de commentaire. - « J’ai confondu avec un autre livre. »
Et au lieu de supprimer ou corriger, on punit un·e innocent·e. Tout va bien. - « Il y avait une coquille page 196. »
Autodafé numérique. Une faute = peine de mort. - « J’aime pas les fins ouvertes. »
Et je le fais savoir avec le pouvoir sacré de l’étoile unique. - « Mon auteur préféré méritait mieux dans le classement. »
Donc sabotage des concurrents. Logique de cour d’école. - « L’auteur·ice ne m’a pas répondu sur Instagram. »
Bienvenue dans l’ère du client-roi émotionnel.
Moralité ? Ces 1 étoiles n’évaluent pas un livre. Elles révèlent surtout les caprices d’un système où l’on clique plus vite qu’on ne pense. Et c’est bien là le problème.
En chiffres :
Quelle proportion d’acheteurs laissent des avis sur Amazon ?
Une enquête sur Reddit rapporte que seulement 0,1 % à 0,5 % des lecteurs laissent un avis sur leurs achats Amazon, soit 1 avis pour 200 à 1 000 lecteurs
Une enquête sur Reddit rapporte que seulement 0,1 % à 0,5 % des lecteurs laissent un avis sur leurs achats Amazon, soit 1 avis pour 200 à 1 000 lecteurs
Autrement dit, la majorité des consommateurs lit sans jamais réagir en étoile ou commentaire.
Le fléau des faux avis (fake reviews) et astroturfing
Selon Wiser Notify, environ 30 % des avis en ligne sont truqués, voire jusqu’à 43 % sur Amazon (plateformes globales)
Une étude du MIT indique qu’environ 42 % des avis sur Amazon pourraient être falsifiés .
Le phénomène d’astroturfing — création de faux avis pour gonfler ou détruire la réputation — est bien documenté. Des vendeurs tiers et pourvoyeurs achètent ces évaluations
Résultat : les faux avis minent la confiance, faussent les résultats de recherche, et favorisent les produits/buteurs les plus prêts à payer.
Les pratiques d’Amazon dans la modération des avis
Amazon utilise des IA pour croiser les profils (erreurs répétées, régularité des évaluations) et éliminer les faux avis.
Toutefois, les avis 1 étoile sans texte sont souvent publiés plus vite que les 5* accompagnés de commentaires kdpcommunity.com. Cela crée un biais favorable aux notes négatives.
Recherches académiques sur la manipulation
Une étude de l’Université Bocconi (Italie, 2017) montre que les arrondis d’étoiles à la demi-étoile favorisent la manipulation : un faux avis peut faire basculer la note .
Un rapport de UCLA (2024) met en évidence que la perte de confiance dans les avis fausse la prise de décision des consommateurs.
Récemment, une étude révèle que certaines structures d’achat d’avis (via réseaux de faux comptes) sont discernables et traçables grâce à des modèles réseaux.
En bref :
Seuls 1 à 2 % des acheteurs laissent un avis pushpullagency.com+1reddit.com+1.
30 % à 43 % des avis sont faux, financés ou sabotés .
Amazon privilégie les lancers d’étoiles rapides, surtout négatives, aux avis détaillés kdpcommunity.com.
Les faux avis influencent les algorithmes, les ventes, et sapent la confiance .
Ce que cela signifie pour un·e auteur·ice
1. Seuls quelques de vos lecteurs laisseront un avis.
2. La note globale peut facilement être manip ulée, à la hausse ou à la baisse.
3. Une seule étoile Non- justifiée suffit à fausser la perception, réduire votre visibilité.
4. Il est donc crucial d’encourager les commentaires argumentés, pas seulement les étoiles.
Lecture vs écriture : qui clique et qui commente ?
Si seuls 1 à 2 % des acheteurs laissent un avis sur Amazon, dont 1 personne sur 10 à 15 laisserait un commentaire écrit pour chaque 10 à 15 personnes achetant un livre.
Sur Reddit, un auteur autoédité indique qu’environ 1 lecteur·rice sur 200 à 500 laisse un avis.
En moyenne, seulement 1 à 1,5 % des acheteurs rédigent un commentaire (avis étoilé + écrit), et un pourcentage encore plus faible écrit un commentaire.
Les étoiles seules : un biais négatif amplifié
Un message sur KDP indique qu’un 2 étoiles avec commentaire vaut plus qu’un ensemble d’étoiles 5 sans mot : les étoiles isolées sont fortement pondérées, en particulier les notes basses .
Sur Self Publishing Review : 1 acheteur sur 10 à 15 laisse un commentaire, mais ce taux double lorsque le lecteur est mécontent.
En bref :
Les étoiles seules : outil facile, rapide, mais manquant de conscience. Elles pèsent lourd en algorithmie, sans offrir de contrepoids narratif ou critique.
Les commentaires écrits : rares, précieux, mais longs à obtenir. Ce sont eux qui transforment un visiteur en acheteur, et une simple étoile en empathie.

Puisque vous êtes là, profitez-en pour découvrir ce livre faisant des émules…
LAISSEZ-VOUS EMPORTER DANS CETTE HISTOIRE PROFONDE ET ÉMOUVANTE QUI LAISSE DES TRACES APRÈS LECTURE…. UNE HISTOIRE POIGNANTE QUI MARQUE ET QUESTIONNE, SE PASSANT DANS UN MONDE RURAL ET TRAITANT DES SUJETS AUSSI IMPORTANTS QUE L’HOMOPHOBIE, L’INTOLÉRANCE, LES COMBATS CLANDESTINS, L’AMOUR ET LA PEUR D’AIMER…

Résumé :
RÉSUMÉ :
Nicolas n’a jamais été comme les autres. Né d’une rencontre sans lendemain, élevé à la dure par un père qui ne l’a jamais accepté, il a appris très tôt à dissimuler ce qu’il est, ce qu’il ressent. Seul Larry, l’ami d’enfance, comprend la sensibilité qui bouillonne en lui. Mais quand la vie à la ferme devient insoutenable, Nico va s’entraîner sans relâche à la boxe pour devenir le meilleur. Et quand les dettes s’accumulent, Nicolas plonge dans un univers addictif pour aider son père financièrement, rejoignant un « Fight Club » et participant à des combats clandestins, brutaux et sans pitié.
Entre amours interdits et combats sauvages, jusqu’où Nicolas ira-t-il pour enfin être vu, aimé, accepté ?
Une histoire sensuelle et bouleversante, où l’amour n’a pas de modèle et où les âmes égarées trouvent parfois leur place là où elles s’y attendaient le moins.

PROLOGUE :
Il faisait encore nuit quand elle est arrivée sur le chemin de terre, avançant à petits pas maladroits, ses chaussures à talons enfoncées dans la boue gluante jusqu’aux chevilles. L’automne venait d’étendre sa brume sur les champs endormis, et le silence du matin n’était troublé que par les grognements lointains des porcs, là-bas, dans le bâtiment sombre derrière la grange.
Elle s’appelait Julie. Dix-huit ans à peine, mais elle en paraissait déjà trente ce matin-là, les yeux bordés de cernes noirs, son mascara formant des traînées sombres sur ses joues pâles et rougies par le vent froid. Elle serrait autour de ses épaules un manteau trop fin pour la saison, avançant comme une ombre perdue sur une terre étrangère.
Julie avait rencontré Luc lors d’un bal de campagne à Saint-Léonard-de-Noblat. Un bal de ceux où la jeunesse oublie sa solitude dans l’alcool, où les vieux tubes de Johnny se mêlent aux rires gras et aux verres remplis à ras bord de whisky bon marché. Luc n’était pas du genre à séduire. Il prenait, sans jamais demander, avec la rudesse des hommes habitués à soumettre la terre et les bêtes. Julie ne s’était pas défendue. Peut-être n’en avait-elle pas eu la force ou l’envie. C’était plus simple de ne rien dire, de laisser les choses arriver.
Cinq mois après, la voilà qui débarquait à la ferme, son ventre déjà arrondi sous son manteau usé, cherchant un abri, espérant que l’enfant qu’elle portait était bien celui de Luc, même si elle n’en était pas totalement certaine. Luc l’avait laissée entrer chez lui, mais il ne lui avait jamais vraiment ouvert sa porte. Elle était là, invisible, tolérée seulement parce qu’elle pouvait encore servir : faire la vaisselle, nourrir les animaux, repasser les chemises qui empestaient la sueur et l’alcool. Parfois, il venait chercher dans son lit ce qu’elle ne refusait jamais, par peur ou par indifférence. Il n’y avait pas de douceur dans ses gestes, pas de chaleur dans ses regards. Rien d’autre que le vide brutal de sa présence.
Le soir où Nicolas est né, un violent orage de mars frappait la ferme, noyant les champs et transformant les chemins en torrents boueux. Julie criait seule, prise dans les douleurs fulgurantes de l’enfantement. Luc, ivre dans l’étable, n’avait appelé ni médecin, ni sage-femme comme si ça ne le concernait pas. C’est une voisine, alertée par les cris paniqués au téléphone de la jeune fille, qui avait couru à travers les champs détrempés pour venir l’aider. Elle avait attrapé l’enfant, coupé le cordon, puis l’avait lavé, enveloppé dans une serviette élimée. « C’est un garçon », avait-elle murmuré d’un air grave, comme si cette vérité allait changer quelque chose au drame silencieux qui se déroulait dans cette chambre obscure. Les secours arrivèrent juste après…
Luc mit deux jours avant d’approcher son fils. Il tournait autour du berceau improvisé, les bras ballants, le regard fuyant, comme un animal sauvage face à quelque chose qu’il ne comprenait pas. Finalement, il s’était penché sur l’enfant, l’air gêné, presque honteux, et avait murmuré :
— On l’appellera Nicolas.
Puis il avait tourné les talons, laissant derrière lui Julie avec ses yeux cernés et Nicolas, dont les petits poings se serraient déjà contre l’indifférence du monde.
Dans les jours suivants, Luc observait l’enfant comme une énigme qui lui résistait. Il ne savait pas quoi faire de ce petit corps fragile, ce corps qui occupait tout l’espace de la ferme avec ses cris, son silence, sa présence encombrante. Julie, elle, attendait que l’amour lui vienne naturellement, qu’il descende dans son cœur et illumine son âme. Mais rien ne venait. Ni chaleur, ni haine. Juste une immense fatigue, un détachement douloureux qu’elle portait chaque jour davantage.
Elle resta encore trois mois. Trois mois à espérer sans succès que Luc changerait, qu’elle-même serait capable d’aimer ce petit être. Trois mois à comprendre que ce lieu n’offrait aucun avenir ni à elle, ni à son fils. Un matin, elle partit, laissant une lettre froissée sur la table de la cuisine. Quelques mots griffonnés à la hâte : « Je suis désolée. Je ne peux pas. Prends soin de lui, si tu peux. Sinon, fais au mieux. Julie. »
Luc ne lut jamais cette lettre. Il savait déjà que ces mots ne changeraient rien. « Prendre soin », c’était un concept qu’il n’avait jamais appris. Comment prendre soin d’un autre quand il était incapable de prendre soin de lui-même ?
Désormais seul avec le bébé, Luc traversa des nuits sans sommeil, assis devant une cigarette, écoutant les pleurs incessants sans bouger, sans réagir, avec cette indifférence terrible qui tue plus sûrement que les coups. Avant que la femme du paysan d’à côté ne prenne en charge ce bébé durant la journée, effrayée par les comportements de Luc.
Il ne haïssait pas Nicolas. C’était pire. Il ne le voyait pas. Ou plutôt, il refusait de le voir. Pour lui, un enfant devait apprendre la dureté du monde dès le berceau. Il fallait devenir fort, résister à la douleur, à la solitude, à l’abandon.
Mais Nicolas était là, vivant malgré tout, malgré le froid, malgré l’absence de caresses et de mots doux. Déjà son corps, même si petit, apprenait à encaisser, à résister. À survivre dans ce silence glacé et ces regards absents, attendant qu’un jour peut-être, quelqu’un lui apprenne enfin ce que voulait dire le verbe « aimer ».L’euphorie des fêtes s’était doucement estompée, laissant place à quelque chose de plus vrai, de plus tangible.

EXTRAIT :
Nicolas grandit donc dans cette ferme plantée au milieu de nulle part, entre Pierre-Buffière et Saint-Hilaire-Bonneval. Une parcelle de terre battue par les vents, encerclée de haies épaisses et de forêts rudes où les arbres semblaient se courber sous le poids du ciel gris du Limousin. Un lieu silencieux, presque secret, sculpté dans la même matière dure et austère que son père : une terre qui résiste, sèche et difficile à apprivoiser.
Luc ne parlait pas beaucoup. Chaque mot qui sortait de sa bouche était un effort, une douleur ; il donnait ses ordres en mâchant ses phrases avec hargne, comme si chaque syllabe était une écharde coincée au fond de sa gorge. Lorsqu’il regardait son fils, ce n’était jamais directement, jamais franchement. Toujours un coup d’œil rapide, gêné, presque honteux, comme on détourne le regard d’une blessure mal cicatrisée ou d’une pierre coincée dans sa botte, que l’on refuse pourtant d’enlever.
Mais fort heureusement, Nicolas n’était pas complètement seul. Il y avait les Eastwood. Les seuls voisins « non paysans » que Luc tolérait — c’est exactement comme ça qu’il le formulait, comme si leur présence nécessitait de sa part un effort surhumain. Thomas Eastwood, le père, était américain. Il s’était établi dans ce coin isolé par amour pour la région, fasciné par ses paysages accidentés et sa nature sauvage, profitant d’une opportunité professionnelle qui lui permettait de rester discret. Thomas était un homme doux, réservé, avec une voix calme et profonde qui contrastait nettement avec la rudesse locale. Il affichait toujours un sourire simple, authentique, un sourire auquel personne, pas même Luc, ne pouvait réellement résister.
« Un gars pas comme les autres », grognait Luc, laissant planer une ambiguïté étrange. Était-ce un compliment, une critique ? Personne n’aurait su le dire précisément. Mais Thomas, lui, ne se souciait guère de ces nuances. Il restait neutre, toujours à bonne distance. Là où les autres voisins avaient fini par se brouiller avec Luc, embourbés dans des querelles de clôtures, d’argent ou de vieux ressentiments, Thomas avait su trouver le juste milieu. Suffisamment proche pour que Luc le tolère, mais suffisamment distant pour éviter les conflits inutiles. Parfois, il arrivait même qu’il se présente à la ferme, sans prévenir, une bouteille de whisky à la main, comme un passeport discret pour apaiser temporairement la mauvaise humeur permanente du père de Nicolas. Ces rares moments permettaient une sorte de trêve, fragile mais réelle, dans le monde tumultueux de Luc.
Alors, ce dernier lui accordait une place. Minuscule, certes. Mais une place malgré tout.
Nicolas éprouvait toujours une joie sincère, une sorte de soulagement intense lorsque Thomas débarquait à la ferme, même si ces visites se faisaient terriblement rares. À chaque fois qu’il apercevait la silhouette familière de l’Américain s’approcher lentement sur le chemin de terre, quelque chose en lui s’apaisait soudain. La ferme, si vide et si froide habituellement, prenait alors brièvement une teinte plus douce, un air presque chaleureux. La voix posée de Thomas et son sourire discret avaient sur Nicolas l’effet d’un baume miraculeux, capable de calmer ses inquiétudes et ses tristesses accumulées.
La simple présence de cet homme était réconfortante pour lui, comme un souffle d’air frais dans une pièce étouffante. Elle lui rappelait que tous les hommes n’étaient pas forcément comme son père : durs, indifférents et cruels. Thomas représentait tout ce que Luc n’était pas. Il incarnait la patience, la bienveillance silencieuse, l’écoute sans jugement. Et chacune de ses apparitions apportait un peu de légèreté dans le quotidien lourd et pesant du garçon.Mike leva les mains, faussement offensé.
À découvrir ici en version e-book, papier ainsi que gratuit dans la bibliothèque comme la plupart de nos romans…

Découvrez nos sorties qui cartonnent depuis leur sortie :
NEVADA – À corps perdus
À découvrir en cliquant sur l’image :

Yukon – Will, ce qu’on ne sait pas de toi…

Toujours autant populaire cette série de Tom Huxley qui séduit encore autant de lecteurices et nous en sommes très fiers… YUKON 1 & 2 & 3

Jérémie, sportif de haut niveau évoluant en NHL arrive à Montréal, où il loge chez son frère Max et sa femme Brigitte. Après des bagarres à l’entraînement dues notamment à cause de son orientation sexuelle qu’il veut vivre au grand jour, il est suspendu durant des mois par la fédération.
Dylan le meilleur ami de son frère et associé dans leur cabinet de designer est d’accord pour le prendre avec lui dans le Yukon, où il a un magnifique chalet et passe toutes ses vacances là-bas.
Va naître des sentiments entre les deux hommes et un destin commun, Dylan étant père de deux adorables garçons mais cachant un terrible secret.
S’Wonderful, une série palpitante qui va vous faire voyager et aimer la vie malgré les aléas. Une romance MM de 5 tomes qui va vous permettre de découvrir le parcours de Romain, un homme marqué par les épreuves mais se rappelant sans cesse que l’existence d’un homme est une poussière d’étoile, et qu’il vaut mieux n’en retenir que le merveilleux… Vous pouvez découvrir les deux premiers tomes passionnants et très émouvants en version e-book, papier ainsi que gratuitement dans la bibliothèque amazon :
Merci bcp pour cet article, il est complet et va éclairer bien du monde qui pense que certains auteurs pleurent misère dès qu’ils reçoivent 1 étoile… On voit bien que ce n’est pas du tout le sujet… Au contraire, cela démontre bien le fonctionnement des gens, les travers d’un mécanisme et l’impact des technologies… En plus de ça, je trouve que cet article analyse tout simplement notre société, les comportements humains et les dérives… Je me souviens de cette histoire de commentaires pris en otage, AHURISSANT… et ton sang-froid surtout… lorsqu’on apprit la vérité… Je me souviens aussi de mes 1 étoiles à l’aveugle reçue et à vrai dire aujourd’hui, on arrive à prendre tous à Ecueil Editions bcp de distance par rapport à tout ça, surtout, comme tu l’expliques dans l’article, lorsqu’on sait les magouilles et le business qu’il y a derrière… Ce qui me dérange plus par contre, c’est cette censure des auteurices et la non possibilité de dire ce qu’ils ont à dire… Lorsqu’un client qui fait un com négatif sans fondement ou ridicule sur un plat, le restaurateur à tout loisir de lui répondre et parfois, c’est croustillant… Pourquoi pas nous…? Facile à deviner… amazon & Co ne veulent pas froisser leurs clients…
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Merci Tom, oui il y a de drôles de choses qui se passent et nous ne voyons que la pointe de l’Iceberg, j’en ai bien peur… Merci à toi pour ta confiance et ta fidélité…
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