Bonjour à vous, c’est à mon tour de prendre la parole. Comme vous le savez maintenant, je n’ai pas l’habitude de m’exprimer sur les RS — je ne traîne pas sur les réseaux et je préfère laisser les livres parler à ma place — mais comme à chaque sortie maintenant, je vais m’exprimer sur cette tribune d’Écueil Éditions, et quoi de mieux que mon ressenti pour parler de WYOMING. De ce qui m’a poussé à écrire cette histoire…
Donc voici sous forme de Postface que vous retrouvez dans le livre, ce qui m’a conduit à livrer une telle histoire:

Il y a des histoires que l’on écrit par envie.
Et puis il y a celles que l’on écrit parce qu’elles finissent par vous rattraper.
La duologie Wyoming appartient à cette seconde catégorie.
Je n’ai pas eu le sentiment de construire cette histoire comme on mettrait en place un projet parfaitement maîtrisé dès la première pierre. J’ai plutôt eu l’impression d’ouvrir une porte derrière laquelle attendaient déjà des voix, des paysages, des silences, des regards et des douleurs qui existaient avant même que je leur donne une forme.
Très tôt, j’ai su que cette histoire ne pourrait pas être urbaine.
Non pas parce que je rejette la ville, ni parce que je nie ce qu’elle peut offrir. Les grandes villes ont permis à tant d’hommes de se rencontrer, de se reconnaître, de nommer enfin ce qu’ils étaient, et parfois même de survivre à leur propre solitude. Elles ont offert à beaucoup un cadre où il devenait enfin possible de vivre sans se cacher entièrement.
Mais j’ai toujours su que les hommes que je voulais raconter ici n’y auraient pas trouvé leur vérité profonde.
Ils auraient peut-être pu y vivre.
Ils auraient peut-être même pu s’y sentir moins menacés.
Mais ils n’y auraient pas été tout à fait eux-mêmes.
Jude n’aurait pas été pleinement Jude dans un univers trop codifié, trop conscient de lui-même. Zack n’aurait jamais parlé de la même manière s’il avait évolué dans un monde où tout se formule facilement. Quant à Hayden, il n’aurait jamais existé ailleurs que dans une terre rude, vaste, parfois magnifique au point d’en devenir presque douloureuse.
Je crois profondément qu’il existe des hommes pour qui l’espace est une nécessité.
Des hommes qui ont besoin de silence, de relief, d’éloignement, de ciel infini, de terre, d’air froid, d’horizons dégagés.
Des hommes qui réfléchissent mieux en marchant qu’en parlant.
Des hommes qui se dévoilent plus facilement devant une montagne qu’en face d’un miroir.
Et cela existe aussi chez les hommes gays.
J’y tiens, parce qu’on réduit encore trop souvent ces existences à quelques représentations très limitées. Comme si être un homme gay impliquait forcément certains lieux, certaines attitudes, certaines références, certains codes. Comme s’il fallait se reconnaître dans une seule manière d’exister pour être légitime.
Or la réalité est infiniment plus vaste.
Il existe des hommes gays dans les villes, dans les campagnes, dans les fermes, dans les écoles, dans les théâtres, dans les ranchs, dans les montagnes. Et surtout, ils n’habitent pas tous leur vie de la même manière.
Certains ont besoin d’une communauté visible, structurée, présente. De crier qui ils sont pour être satisfaits.
D’autres ont besoin de retrait. De discrétion, et cela les contente…
Certains trouvent leur force dans le groupe.
D’autres dans une intimité plus discrète, plus silencieuse, plus liée à la nature, au travail, au quotidien.
Aucune de ces façons d’être au monde ne devrait en annuler une autre.
J’ai toujours ressenti cela avec force.
Je crois qu’il faut continuer à écrire cette diversité-là.
Parce que la littérature perd quelque chose dès qu’elle simplifie trop.
Je me méfie des personnages trop parfaitement dessinés pour être aimés sans effort. Je me méfie aussi des êtres entièrement lissés, débarrassés de leurs contradictions, de leurs maladresses, de leurs zones d’ombre, comme si l’on craignait désormais qu’un personnage imparfait soit mal compris.
Les hommes qui m’intéressent portent leur histoire jusque dans leur manière d’aimer.
Ils ne sont pas exempts de peur.
Ils ne sont pas toujours à l’aise avec leurs émotions.
Ils ne trouvent pas toujours les mots au bon moment.
Ils peuvent se tromper, retarder l’inéluctable, blesser, réparer parfois.
Et c’est précisément cela qui m’émeut.
Parce que c’est humain.
Hayden, par exemple, m’a profondément accompagné pendant l’écriture.
Il n’est pas héroïque au sens classique du terme.
Il n’a pas toujours le courage qu’on aimerait lui prêter.
Il aime profondément, mais il recule à maintes reprises, pris dans des carcans ne représentant aucunement ce qu’il ressent.
Il protège les siens, mais il les blesse parfois en croyant les protéger.
Il comprend tard certaines choses. Et pourtant, il ne cesse jamais d’aimer.
Cette contradiction me bouleverse parce qu’elle ressemble à tant d’existences réelles. Parce qu’on peut être sincère et insuffisant tout à la fois. Parce qu’on peut aimer avec une intensité absolue sans savoir vivre cet amour jusqu’au bout.
Et cela mérite, à mes yeux, d’être raconté.
Jude, lui, porte une autre question qui me touche énormément : que fait-on de l’héritage émotionnel qu’on reçoit sans l’avoir demandé ? Que fait-on des silences des générations précédentes ? Que fait-on d’une vérité qui arrive trop tard ?
Je crois que cette question dépasse largement le cadre du roman.
Nous héritons tous de choses invisibles : des peurs, des manières de taire certaines choses, certaines blessures, des réflexes de défense, des fidélités que nous n’avons pas choisies. Et arrive un moment où il faut décider si l’on continue à les porter telles quelles, ou si l’on tente de les transformer.
Zack, lui, apporte quelque chose qui m’importe beaucoup : une masculinité posée.
Pas caricaturale. Pas démonstrative.
Une force qui ne cherche pas à s’imposer en permanence.
Un homme qui n’a pas besoin de se prouver à chaque instant qu’il est un homme, comme certaines cultures l’imaginent, pour tenir debout.
J’ai besoin de ce type de personnages. Parce que je crois qu’ils existent en grand nombre dans la réalité, bien davantage que ce que l’on montre parfois.
Des hommes solides, sans brutalité.
Des hommes capables de porter beaucoup sans faire de leur dureté un étendard.
Des hommes qui, dans l’intimité, deviennent des refuges.
Je crois que beaucoup de lectrices et de lecteurs reconnaissent cela instinctivement. Et sans doute y trouvent-ils quelque chose de profondément rassurant.
Je n’ai jamais voulu écrire cette histoire comme une opposition entre deux mondes.
La ville n’est pas l’ennemi.
La ruralité n’a rien d’un paradis.
Le Wyoming, dans cette histoire, n’est pas un lieu idéalisé. C’est aussi un territoire de silence, de domination, de rigidité, de violence parfois. Mais c’est un lieu où l’immensité du paysage oblige les êtres à se mesurer à eux-mêmes. Et cela comptait beaucoup pour moi.
Il fallait que cette histoire puisse contenir cette réalité.
Même lorsqu’elle fait mal.
Même lorsqu’elle parle d’homophobie.
Même lorsqu’elle traverse des drames.
Je tenais aussi à une chose simple : ne jamais écrire ces hommes comme des emblèmes.
Ils ne représentent pas une idée.
Ils ne sont pas là pour illustrer une thèse.
Ils vivent.
Ils trébuchent.
Ils désirent.
Ils doutent.
Ils vieillissent.
Ils se taisent.
Ils aiment parfois maladroitement.
Ils ne sont pas décoratifs.
Ils sont juste humains.
Je crois que nous avons encore besoin de récits où les hommes gays ne sont pas uniquement définis par l’affirmation de leur identité, mais aussi par tout le reste : leur métier, leurs passions, leur mémoire, leur rapport au père, au corps, au paysage, au temps, au manque, à la fidélité, à la honte, à la joie.
Parce qu’au fond, ce qui me touche le plus dans une histoire, ce n’est pas ce qu’un personnage revendique.
C’est ce qu’il ose enfin ressentir.
Si j’ai écrit Wyoming, c’est peut-être pour cela.
Pour écrire des hommes qui aiment sans toujours savoir comment le dire.
Des hommes qui semblent capables de porter des montagnes et abritent des tremblements au-dedans.
Des hommes qui n’ont rien d’extraordinaire, sinon cette chose immense : essayer, malgré tout, d’être vrais en ressentant ce qui les fait vibrer.
Et je crois profondément que c’est déjà beaucoup.
Neil Wood
Article à télécharger en PDF c’est cadeau :
Pour découvrir cette histoire c’est par ici :
Résumé :
Jude pense avoir laissé derrière lui le Wyoming, terre de cowboys endurcis, de silences rugueux et de souvenirs qu’on enterre sans jamais les nommer.
Mais lorsque la fonte d’un glacier révèle le corps de son père, ce sont des décennies de mensonges et de secrets qu’une communauté entière voit menacés de remonter à la surface.
Revenir à Buffalo, pour Jude, signifie affronter ce passé qu’on lui a volé, marcher dans l’ombre d’un homme qu’il a à peine connu, et découvrir que certaines vérités continuent de menacer ceux qui cherchent à les révéler.
Aux côtés de Zack, un détective déterminé dont la présence l’ébranle autant qu’elle le rassure, Jude s’engage dans une enquête où chaque découverte les rapproche de la vérité… et du danger.
Mais dans cette obscurité pourtant, une lueur inattendue apparaît — comme si l’amour pouvait naître là même où la violence a commencé.
Un roman intense mêlant enquête dans le monde des cowboys, secrets de famille et romance queer, où la quête de vérité devient aussi une quête de soi.
Le tome 2 arrive le 15 mai
Résumé :
La vérité a été réveillée. Et quelqu’un aurait préféré qu’elle reste enfouie.
En revenant sur les traces de son père, Jude a déjà fissuré le récit qu’on lui avait laissé. Mais ce qu’il a découvert ne le quitte plus.
À Boston, la vie reprend son cours. Zack revient le voir, régulièrement, sans jamais chercher à le convaincre de repartir — même s’il poursuit, de son côté, la traque de ceux qui ont tué Hayden.
Car quelque part, les assassins de son père sont peut-être encore là. Et cette idée, désormais, ne le lâche plus. Ce qu’il a ouvert ne se refermera pas. Et Jude le sait : tôt ou tard, il lui faudra y retourner. Pas seulement pour comprendre. Mais pour aller jusqu’au bout de ce qui a été commencé… quitte à en payer le prix fort.
Un second tome plus sombre et plus intense, où la vérité n’attend plus d’être révélée… mais affrontée.

Merci à mes lecteurs fidèles, et à ceux qui tenteront pour la première fois l’un de mes romans…
Bonne lecture, et à bientôt.
Puisque vous êtes ici, ne manquez pas ce roman de Neil Wood qui semble beaucoup plaire aux lecteurices :

LAISSEZ-VOUS ÉGALEMENT EMPORTER DANS CETTE HISTOIRE PROFONDE ET ÉMOUVANTE QUI LAISSE DES TRACES APRÈS LECTURE…. UNE HISTOIRE POIGNANTE QUI MARQUE ET QUESTIONNE, SE PASSANT DANS UN MONDE RURAL ET TRAITANT DES SUJETS AUSSI IMPORTANTS QUE L’HOMOPHOBIE, L’INTOLÉRANCE, LES COMBATS CLANDESTINS, L’AMOUR ET LA PEUR D’AIMER…

Résumé :
RÉSUMÉ :
Nicolas n’a jamais été comme les autres. Né d’une rencontre sans lendemain, élevé à la dure par un père qui ne l’a jamais accepté, il a appris très tôt à dissimuler ce qu’il est, ce qu’il ressent. Seul Larry, l’ami d’enfance, comprend la sensibilité qui bouillonne en lui. Mais quand la vie à la ferme devient insoutenable, Nico va s’entraîner sans relâche à la boxe pour devenir le meilleur. Et quand les dettes s’accumulent, Nicolas plonge dans un univers addictif pour aider son père financièrement, rejoignant un « Fight Club » et participant à des combats clandestins, brutaux et sans pitié.
Entre amours interdits et combats sauvages, jusqu’où Nicolas ira-t-il pour enfin être vu, aimé, accepté ?
Une histoire sensuelle et bouleversante, où l’amour n’a pas de modèle et où les âmes égarées trouvent parfois leur place là où elles s’y attendaient le moins.
À découvrir ici en version e-book, papier ainsi que gratuit dans la bibliothèque comme la plupart de nos romans…
Découvrez nos romans qui cartonnent depuis leur sortie :
NEVADA – À corps perdus
À découvrir en cliquant sur l’image :

Yukon – Will, ce qu’on ne sait pas de toi…

Toujours autant populaire cette série de Tom Huxley qui séduit encore autant de lecteurices et nous en sommes très fiers… YUKON 1 & 2 & 3

Jérémie, sportif de haut niveau évoluant en NHL arrive à Montréal, où il loge chez son frère Max et sa femme Brigitte. Après des bagarres à l’entraînement dues notamment à cause de son orientation sexuelle qu’il veut vivre au grand jour, il est suspendu durant des mois par la fédération.
Dylan le meilleur ami de son frère et associé dans leur cabinet de designer est d’accord pour le prendre avec lui dans le Yukon, où il a un magnifique chalet et passe toutes ses vacances là-bas.
Va naître des sentiments entre les deux hommes et un destin commun, Dylan étant père de deux adorables garçons mais cachant un terrible secret.
S’Wonderful, une série palpitante qui va vous faire voyager et aimer la vie malgré les aléas. Une romance MM de 5 tomes qui va vous permettre de découvrir le parcours de Romain, un homme marqué par les épreuves mais se rappelant sans cesse que l’existence d’un homme est une poussière d’étoile, et qu’il vaut mieux n’en retenir que le merveilleux… Vous pouvez découvrir les deux premiers tomes passionnants et très émouvants en version e-book, papier ainsi que gratuitement dans la bibliothèque amazon :


